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Droits des femmes : mobilisation en Espagne, Gisèle Pelicot dans le cortège parisien

2 months ago 19

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Des milliers de personnes ont manifesté dimanche en Espagne non seulement pour défendre les droits des femmes mais aussi pour réclamer la fin du conflit au Moyen-Orient à l'occasion de la Journée internationale des droits des femmes. En France, Gisèle Pelicot, devenue une figure mondiale de la lutte contre les violences de genre, était dans le cortège parisien.

En Espagne, des manifestations ont notamment eu lieu à Madrid, à Barcelone, à Valence, à Séville, à Grenade, à Bilbao ou encore à Saint-Sébastien.

Dans certaines villes, comme dans la capitale, Madrid, deux marches féministes ont été organisées en raison de divergences sur la portée des droits des personnes transgenres ainsi que sur la légalisation ou la régularisation de la prostitution. Plusieurs ministres y ont participé.

Les problèmes les plus urgents à résoudre sont l'égalité salariale, le harcèlement et, dans mon pays, la violence sexiste, car on tue les femmes parce qu'elles sont des femmes, a déclaré à l'AFP Alexa Rubio, une Mexicaine de 30 ans qui réside en Espagne.

Une femme brandit une pancarte qui porte la mention « La révolution sera féministe ou ne sera pas » en espagnol.

Des milliers de personnes ont défilé dans les rues de Madrid pour réclamer l'égalité et la fin des violences faites aux femmes tout en protestant contre la guerre au Moyen-Orient.

Photo : Getty Images / THOMAS COEX

Yolanda Díaz, deuxième vice-présidente du gouvernement, a demandé aux féministes de faire un pas en avant contre la guerre menée par les États-Unis et par Israël contre l'Iran. Il est en notre pouvoir d'arrêter la guerre, d'arrêter la barbarie et de gagner des droits. Nous nous proclamons en défense de la paix, en défense du peuple iranien, en défense des femmes iraniennes, a déclaré Mme Díaz à la presse.

Le président espagnol, le socialiste Pedro Sánchez, a publié un message sur les réseaux sociaux qui faisait allusion de manière voilée à la progression électorale de l'extrême droite. Nous le disons haut et fort : nous ne laisserons pas la haine remplacer les droits et nous ne normaliserons pas l'inégalité, a-t-il déclaré.

Une jeune femme brandit une pancarte qui porte la mention « Le machisme, c'est fini » en espagnol lors d'une manifestation organisée à l'occasion de la Journée internationale des femmes à Madrid.

Des milliers de personnes ont défilé dans les rues de Madrid pour réclamer l'égalité et la fin des violences faites aux femmes tout en protestant contre la guerre au Moyen-Orient.

Photo : Getty Images / THOMAS COEX

Danger de l'extrême droite

En France, des dizaines de milliers de personnes, selon les associations, étaient attendues dimanche partout en France pour défendre les droits des femmes, menacés par la montée du conservatisme.

On ne lâchera rien! a lancé Gisèle Pelicot en s'adressant à la foule de la marche à Paris.

Je suis hyper fière d'être avec l'équipe de la Fondation des femmes, extrêmement honorée d'être ici en présence de ma maman qui envoie un vrai message d'espoir à toutes les victimes de France, a quant à elle assuré sa fille, Caroline Darian, au moment où le cortège s'élançait peu après 14 h 30, heure locale, dans le nord-est de Paris.

À Bordeaux, à Lille ou à Marseille, plus d'une centaine d'organisations, dont des associations et des syndicats, avaient appelé la population à se rassembler dans 150 lieux en France.

Ce 8 mars est l'occasion de se battre pour l'émancipation des femmes et contre l'extrême droite, qui sème le racisme, la misogynie et l'homophobie, a résumé lors d'une conférence de presse Myriam Lebkiri, du syndicat CGT.

Une femme brandit une pancarte avec le portrait de Gisèle Pelicot lors d'une manifestation pour la Journée des droits des femmes à Paris, en France, le 8 mars 2026.

Une femme brandit une pancarte avec le portrait de Gisèle Pelicot lors d'une manifestation pour la Journée des droits des femmes à Paris, en France, le 8 mars 2026.

Photo : Getty Images / FREDERIC MOREAU

De son côté, le collectif d'extrême droite Némésis, qui se revendique féministe, avait organisé son propre rassemblement dans l'ouest de la capitale. Une partie des organisateurs avaient demandé l'interdiction de sa présence dans la manifestation, l'accusant d'instrumentaliser le féminisme à des fins racistes.

Les associations membres du collectif organisateur des rassemblements de dimanche, Grève féministe, cherchaient à alerter quant au danger que représente l'extrême droite pour les droits des femmes à l'approche des élections municipales (15 et 22 mars).

À travers le monde, on voit des puissances, qu'elles soient intégristes, religieuses, réactionnaires, qui attaquent en premier lieu la question des libertés des femmes et nos corps, notamment dans l'accès à la santé et en ce qui concerne des éléments fondamentaux comme l'avortement, a souligné sur les ondes du radiodiffuseur public la ministre de l'Égalité femmes-hommes, Aurore Bergé.

Une manifestante brandit une pancarte qui porte la mention « Fière d'être une sale conne » lors d'une marche organisée à l'occasion de la Journée internationale des droits des femmes à Lyon, dans le centre de la France, le 8 mars 2026.

Une marche à l'occasion de la Journée internationale des droits des femmes à Lyon, en France.

Photo : Getty Images / ALEX MARTIN

Écarts de salaires

Les manifestants ont également protesté contre les violences sexistes et sexuelles persistantes dans la société.

Pour faire face à ces problèmes, les associations réclament un budget annuel de trois milliards d'euros ainsi qu'une loi-cadre intégrale qui comprendrait des mesures de prévention, d'éducation, de protection, d'accompagnement des victimes et de sanction des agresseurs.

L'émancipation économique des femmes, qui occupent des métiers moins rémunérateurs, davantage à temps partiel, est aussi en tête des revendications.

En France, le salaire moyen des femmes dans le secteur privé était encore de 21,8 % inférieur à celui des hommes en 2024, a récemment fait savoir l'Institut national de la statistique (INSEE).

L'an dernier, les organisateurs ont revendiqué 120 000 participants à la marche parisienne et 250 000 au total en France. La police avait comptabilisé 47 000 manifestants à Paris, soit près du double de l'année précédente.

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