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Dreadlocks rasées en prison : pas de poursuite possible, dit la Cour suprême américaine

4 hours ago 5

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La Cour suprême américaine à majorité conservatrice a affirmé mardi qu'un ancien détenu rastafarien, dont les gardiens en Louisiane avaient rasé les tresses rastas (communément appelées « dreadlocks »), ne pouvait pas poursuivre en dommages et intérêts les responsables de la prison.

Les six juges conservateurs ont conclu qu'une loi sur la protection des libertés religieuses des personnes détenues ou internées dans des institutions gouvernementales ne permettait pas à Damon Landor d'engager la responsabilité des individus de l'administration pénitentiaire de Louisiane.

Les trois juges progressistes ont exprimé leur désaccord.

En privant M. Landor d'un recours significatif, la Cour suprême a rendu plus difficile de faire rendre des comptes aux responsables pénitentiaires lorsqu'ils violent les droits des personnes sous leur garde, a déploré dans un communiqué l'influente organisation de défense des droits civiques ACLU.

La majorité conservatrice de la Cour s'est pourtant montrée ces dernières années très sensible au respect des libertés religieuses et favorable à une extension de la place de la religion dans l'espace public, mais a surtout statué en faveur de plaignants chrétiens conservateurs dans les affaires les plus marquantes.

Violation de droits religieux?

Par conviction religieuse, Damon Landor avait fait vœu de se laisser pousser les cheveux. Pendant près de 20 ans, il a respecté cet engagement, y compris lorsqu'il a commencé à purger en 2020 une peine de cinq mois de prison pour possession de drogues.

Mais lors d'un changement d'établissement pénitentiaire, à trois semaines de la fin de sa peine, deux gardiens l'ont menotté à une chaise et lui ont rasé la tête, bien qu'il leur ait présenté plusieurs documents judiciaires, dont une décision d'une cour d'appel fédérale autorisant les détenus rastafariens à garder leurs tresses rastas en vertu d'une loi de 2000.

Damon Landor a attaqué en justice les responsables de la prison, réclamant des dommages et intérêts pour violation de ses droits religieux.

Quand il avait été débouté par la justice de sa demande, la Cour suprême avait accepté de se saisir du dossier.

Pour les adeptes du rastafarisme, mouvement à la fois religieux et culturel popularisé à travers le monde par l'icône du reggae jamaïcain, Bob Marley, porter des tresses rastas relève d'une démarche spirituelle.

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