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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayLe président Donald Trump a annoncé jeudi qu'il relevait de ses fonctions Kristi Noem, dont le travail comme secrétaire à la Sécurité intérieure a été marqué par des controverses.
Dans un message publié sur sa plateforme Truth Social, il a dit avoir le plaisir d'annoncer la nomination d'un de ses loyaux alliés à la tête du département, le sénateur de l'Oklahoma, Markwayne Mullin, à compter du 31 mars 2026.
Le président Trump, qui a souvent dit s'entourer des meilleures personnes, a évité soigneusement de parler d'un congédiement, annonçant la mutation de Kristi Noem à de nouvelles fonctions, dans un poste qui n'existait pas jusqu'ici.
L’actuelle secrétaire Kristi Noem, qui nous a bien servis et qui a obtenu de nombreux résultats spectaculaires (en particulier à la frontière!), prendra désormais le poste d’envoyée spéciale pour le Bouclier des Amériques, notre nouvelle initiative de sécurité dans l’hémisphère occidental, a-t-il indiqué.
Je remercie Kristi pour son service au sein du département de la Sécurité intérieure, a-t-il dit à propos de son alliée parmi les plus fidèles, qui incarnait la ligne dure de son administration en matière d'immigration, mais aussi les ratés de l'approche.
Devant les journalistes. M. Mullin, dont la nomination devra être confirmée par le Sénat, a dit avoir reçu un appel de la Maison-Blanche plus tôt dans la journée. La nouvelle n'a pas été une surprise totale, mais ça a tout de même été surprenant, a-t-il admis.
Affirmant que sa prédécesseure avait fait de son mieux dans les circonstances, il a ajouté vouloir tirer des enseignements des choses qui ne se sont pas passées comme prévu.

Après l'annonce de sa nomination, le sénateur Markwayne Mullin a été pressé de questions par les journalistes sur les marches du Capitole, le 5 mars 2026.
Photo : Getty Images / Anna Moneymaker
Le travail de Mme Noem à la tête du département, dont relèvent notamment l'Agence fédérale de contrôle de l’immigration (ICE) et la patrouille frontalière, était critiqué, même au sein des rangs républicains.
D'après CNN, Donald Trump a informé Mme Noem de sa rétrogradation au cours d'un appel téléphonique peu avant le début d'une activité publique à laquelle elle était sur le point de participer. Elle n'a pas fait allusion à son départ au cours de son allocution.
Dans un message publié sur X en milieu d'après-midi, elle a cependant remercié le président pour sa nouvelle affectation, se disant heureuse de collaborer avec les secrétaires d'État et à la Défense, Marco Rubio et Pete Hegseth.
J’ai hâte de travailler étroitement avec eux pour démanteler les cartels qui ont fait entrer des drogues dans notre pays et qui ont tué nos enfants et nos petits-enfants, a-t-elle écrit, vantant au passage les réalisations historiques du département qu'elle a dirigé pendant 13 mois.
Il y a quelques semaines, elle avait déjà été reléguée à l'arrière-plan dans le dossier des expulsions de migrants. Après la vague d'indignation soulevée par la mort tragique d'Alex Pretti, abattu par des agents fédéraux à Minneapolis, le président américain avait dépêché au Minnesota son « tsar des frontières », Tom Homan.
La Maison-Blanche avait toutefois avait assuré que la secrétaire à la Sécurité intérieure conservait l'entière confiance du président.
Deux sénateurs républicains l'avaient publiquement appelée à quitter son poste, alors que plusieurs démocrates avaient de leur côté amorcé les démarches en vue d'une procédure de destitution.
Mme Noem, dont l'évincement alimentait les spéculations depuis plusieurs semaines, est la première membre du Cabinet Trump à être relevée de ses fonctions au cours de ce deuxième mandat, mais il ne s'agit pas du premier changement de personnel au sein de son administration.
L'an dernier, le président républicain avait muté son conseiller à la sécurité nationale, Mike Waltz, au poste d'ambassadeur des États-Unis à l'ONU quelques semaines après qu'il eut inclus par erreur un journaliste dans une conversation de groupe sur une opération militaire.
Le point de rupture
En début d'année, l'administration Trump, Kristi Noem en tête, s'est retrouvée dans la tourmente pour la façon dont elle a répondu à la mort d'Alex Pretti.
Avant toute enquête, Mme Noem avait accusé l'homme de 37 ans de terrorisme intérieur en plus de faire des déclarations accusatrices contredites par des preuves vidéo, affirmant par exemple qu'il avait brandi une arme.
En coulisses, elle avait assuré qu'elle s'était conformée aux directives de Donald Trump et de son chef de cabinet adjoint pour les politiques, Stephen Miller, selon le site Axios. Tout ce que j’ai fait, je l’ai fait à la demande du président et de Stephen, aurait-elle déclaré.
Sous sa gouverne, la réponse fédérale aux catastrophes naturelles (FEMA) a aussi fait l'objet de critiques.
La politicienne a également fait les manchettes récemment, des reportages mentionnant par exemple une aventure extraconjugale alléguée avec son principal conseiller, Corey Lewandowski, un des anciens directeurs de la première campagne de Donald Trump, en 2015-2016.
Mme Noem était aussi sur la sellette pour le rôle prépondérant que prenait M. Lewandowski, dont plusieurs décisions étaient controversées, ainsi que pour l'administration des fonds de son département, en particulier pour une coûteuse campagne publicitaire qui la mettait à l'avant-plan.

La secrétaire à la Sécurité intérieure, Kristi Noem, lors du tournage d'une publicité près du mont Rushmore.
Photo : dhs.gov/Tia Dufour
Ces polémiques l'ont rattrapée lors de ses comparutions, cette semaine, devant des comités du Sénat et de la Chambre des représentants.
D'après divers médias, Donald Trump estimait déjà que les controverses autour de Mme Noem, déjà fragilisée, faisaient de l’ombre aux réussites de sa politique migratoire. Selon des sources de CNN, ces audiences auraient cependant agi comme catalyseur dans sa décision.
Elle a notamment dû répondre, sous serment, à des questions désapprobatrices de la part d'un élu républicain, qui se garde habituellement de critiquer les membres de l'administration Trump.
Le sénateur républicain John Kennedy l'a notamment interrogée sur des allégations selon lesquelles le département de la Sécurité intérieure a consacré des centaines de millions de dollars à une campagne de publicités télévisées sur l'expulsion de migrants dans lesquelles elle était largement en vedette.
Un reportage de ProPublica a révélé que le département avait contourné le processus habituel d'appel d'offres pour accorder le contrat à une firme dont le PDG était marié à la porte-parole du DHS de l'époque et qui avait, de surcroît, déjà travaillé à l'une des campagnes électorales de Mme Noem.
Cette dernière a par ailleurs acquiescé quand le sénateur Kennedy lui a demandé si le président Trump avait approuvé ces publicités, qui, a-t-elle insisté, se sont avérées efficaces. Elles ont été efficaces pour faire connaître votre nom, a-t-il assené.
Selon CNN, Donald Trump aurait été particulièrement en colère de la réponse de Mme Noem sur ce sujet. Lors d’une entrevue accordée jeudi à l'agence Reuters, il a d'ailleurs nié avoir approuvé cette campagne. Je n’en ai jamais rien su, a-t-il assuré.
Plusieurs républicains qui s'étaient gardés de critiquer Kristi Noem sont sortis de leur silence pour saluer la décision du président.
Des groupes de défense des droits des migrants ainsi que les démocrates ont quant à eux salué son départ annoncé, mais ont continué de réclamer des changements au sein du département.
Le mandat de Kristi Noem a été un échec total et sa nomination n’aurait jamais dû être confirmée.
Mais ne vous méprenez pas : un nouveau secrétaire ne change pas le besoin de réformes sérieuses au sein du DHS et n’efface pas la cruauté et la terreur que l’agence a semées dans nos communautés sous la direction de Donald Trump, a réagi le sénateur Alex Padilla dans un communiqué dont a fait état le New York Times.
Il était temps , a tranché un employé du département, cité par CNN.
Une approche axée sur des mises en scène
En faveur d'opérations musclées de grande envergure et très médiatiques, Kristi Noem privilégiait une approche différente de celle de Tom Homan, partisan d'une approche très dure mais ciblant les criminels les plus dangereux parmi les migrants clandestins. Plusieurs médias avaient fait état de leur relation tendue.
Celle que ses détracteurs ont surnommée ICE Barbie a souvent été accusée de se mettre en scène par la diffusion régulière de photos et de vidéos d'elle-même sur les réseaux sociaux.

Kristi Noem lors d'une visite à la prison salvadorienne CECOT. (Photo d'archives)
Photo : Getty Images / AFP / ALEX BRANDON
On l'a par exemple vue – toujours impeccablement coiffée et lourdement maquillée – piloter un avion, conduire un véhicule d'un groupe d'intervention tactique, poser avec une arme en interrogeant un prisonnier, monter un cheval en tenue de cow-girl devant le mont Rushmore et tenir une conférence de presse dans la prison salvadorienne CECOT (où l'administration Trump a envoyé des migrants), devant des prisonniers dans une cellule.
Selon plusieurs médias américains, elle et Corey Lewandowski misaient sur cette approche hautement médiatique comme tremplin vers une candidature à l'élection présidentielle de 2028.
Un temps pressentie comme colistière potentielle de Donald Trump lors de la présidentielle de 2024, l'ancienne gouverneure du Dakota du Sud avait vu fondre ses ambitions en raison du tollé suscité par une de ses révélations.
Dans ses mémoires qui étaient sur le point de paraître, elle disait avoir abattu sa jeune chienne en raison de son caractère indomptable, une preuve, selon elle, de sa capacité à prendre des décisions difficiles.
Cet épisode a aussi été soulevé lors de sa comparution devant le Comité judiciaire du Sénat, mardi.
Vous avez décidé de tuer ce chien parce que vous n’aviez pas investi le temps et l’entraînement nécessaires, et vous avez ensuite l’audace d’en parler dans un livre comme d’une leçon de leadership sur les choix difficile, a accusé le sénateur républicain Thom Tillis, qui avait déjà réclamé son départ.
Vous avez pris de mauvaises décisions sous le coup de l’émotion, un peu comme ce qui s’est passé à Minneapolis, a-t-il tonné.
Avec les informations de New York Times et CNN


2 months ago
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