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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayLe Canada n'offrira pas de concessions aux États-Unis avant de commencer à réviser l'Accord-Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM), a assuré le ministre responsable du Commerce Canada–États-Unis, Dominic LeBlanc, pendant que l'administration américaine a répété mercredi ses doléances au sujet du secteur laitier et du retrait de l'alcool américain des tablettes au Canada.
Nous ne ferons pas de concessions sur une série de choses qui ne sont pas dans l'intérêt des Canadiens seulement pour accéder à une table et voir apparaître ensuite une autre liste de demandes sur le site de la Maison-Blanche, a-t-il déclaré lors d'une conférence à Toronto.
Mercredi matin, Radio-Canada a révélé que Washington demandait au Canada de lui faire des concessions en guise de ticket d'entrée pour accéder à la révision de l’ACEUM.
Les États-Unis souhaitent notamment qu'Ottawa augmente les quotas d'importations américaines du secteur laitier canadien et qu’il revoie ses politiques de protection des données et des infrastructures numériques, écrivait-on.
En comité sénatorial sur le budget américain, mercredi, le secrétaire au Commerce, Howard Lutnick, est d'ailleurs resté campé sur ses positions.

Howard Lutnick s'est fait questionner par une sénatrice du New Hampshire sur les effets négatifs de l'attitude américaine à l'international sur le tourisme dans sa région.
Photo : Associated Press / J. Scott Applewhite
Il est scandaleux que le Canada refuse de mettre des spiritueux américains sur ses tablettes. C’est insultant et c’est un manque de respect, a-t-il répondu à une sénatrice du New Hampshire qui le questionnait sur la baisse du tourisme occasionnée par le mouvement de boycottage des États-Unis par des Canadiens.
Le secteur laitier est malmené, a-t-il aussi ajouté. Nous nous battons désespérément pour qu'ils respectent l'accord conclu dans le cadre de l'ACEUM et qu'ils cessent de traiter nos éleveurs laitiers de manière aussi déplorable.
M. LeBlanc a assuré qu'il ne va pas demander aux provinces de recommencer à vendre de l'alcool américain ou de modifier leurs quotas.
Si vous voulez que le premier ministre de l'Ontario, du Québec ou de la Colombie-Britannique modifie ses politiques, vous devez leur donner un peu de répit, a-t-il averti.
Avant de prendre part à la réunion du caucus de son parti, le premier ministre Mark Carney ne s'est pas indigné de ces nouvelles demandes américaines. Tout est acceptable dans une négociation, a-t-il déclaré.

« Tout est acceptable dans une négociation », a déclaré Mark Carney.
Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick
C’est leur façon de négocier, une façon qui est hautement asymétrique, a pour sa part soufflé le ministre de l’Identité et de la Culture canadiennes, Marc Miller, qui n'était aucunement surpris de ces nouvelles demandes américaines.
Les libéraux ont réitéré que les positions d'Ottawa sur la culture, la langue et la gestion de l'offre ne sont pas négociables.
Où sont les résultats?
Ottawa a déjà, par deux fois, offert des concessions à l’administration Trump pour tenter de dénouer l’impasse commerciale en laissant tomber une bonne partie de ses contre-tarifs douaniers et en annulant sa taxe sur les services numériques.
Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, a accusé le gouvernement libéral d'avoir ouvert l’appétit aux Américains avec ces assouplissements.
Où sont les résultats de Mark Carney, qui était censé être la seule personne capable de négocier avec Trump? s’est pour sa part questionné le député conservateur Luc Berthold. M. Carney a dit qu’il allait être capable de régler les tarifs et il n'en a pas été capable.
Une approche globale
En anglais, le premier ministre a assuré que ce n’est pas un cas où les États-Unis dictent les conditions, disant vouloir privilégier une approche globale pour ces négociations.

Les trois membres de l'ACEUM doivent réviser leur entente avant le 1er juillet. (Photo d'archives)
Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld
On a du temps, on a de la force et on a des options, a-t-il ajouté. Selon lui, les deux parties connaissent bien les irritants des deux côtés, et Ottawa sera bien préparé à aborder ces questions avec une approche plus globale au cours de ces négociations.
Son collègue aux Finances, François-Philippe Champagne, a martelé qu’Ottawa demeure très ferme à la table de négociations pour défendre l'intérêt de l’industrie canadienne et des travailleurs.
On est le pays au monde qui a le meilleur accord avec les Américains, a-t-il rappelé. Mais cet accord, signé en 2018 par Donald Trump lui-même, tire à sa fin et doit être révisé d'ici juillet, en théorie.
Lorsqu’on a demandé à M. Champagne s’il était pressé de signer un nouvel ACEUM, il a répondu que ce qui compte, c’est le résultat. C’est sûr qu’on veut être constructifs à la table de négociations, mais on veut un bon accord, a-t-il répondu.
Charest mise sur la patience
En entrevue à l’émission Zone Économie sur les ondes d’ICI RDI, l’ex-premier ministre du Québec et membre du Comité consultatif sur les relations économiques Canada-États-Unis, Jean Charest, était du même avis. On a raison de prendre le temps qu’il faut. [...] Ce qu’on recherche, c’est d’avoir les conditions nécessaires pour arriver à une entente, a-t-il dit.
M. Charest a mentionné trois facteurs qui devraient accentuer la pression sur Washington et aider les négociations : l’approche de la date butoir de l’accord de libre-échange, le jugement de la Cour suprême invalidant les tarifs douaniers américains dits réciproques et l'élection de mi-mandat de l'automne prochain.
Il anticipe d'ailleurs des concessions de part et d’autre.
Les pays ont jusqu'au 1er juillet pour réviser leur accord de libre-échange en vue des 16 prochaines années. Ils peuvent aussi s'entendre pour repousser la date butoir de la révision, a expliqué Dominic LeBlanc.
S'ils ne s'entendaient pas du tout, l'accord demeurerait en vigueur pendant 10 ans, avec des révisions annuelles, sauf si un ou des pays décidaient d'en sortir complètement.

9:28
Dominic LeBlanc en entrevue avec Patrice Roy


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