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Détroit d’Ormuz : après le blocus américain, l’Iran menace le trafic maritime régional

1 month ago 25

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L'armée iranienne a menacé mercredi d'étendre son emprise sur d'autres routes maritimes cruciales de la région si les États-Unis maintiennent leur blocus naval dans le détroit d'Ormuz.

Sur le terrain, l'Iran verrouille toujours ce passage stratégique alors que Washington impose depuis lundi un blocus aux navires en provenance ou à destination des ports iraniens.

Si cette situation perdure, les forces armées iraniennes ne permettront pas la poursuite des exportations ou des importations dans le golfe Persique, sur la mer d’Oman ou sur la mer Rouge, a affirmé le général de division Ali Abdollahi dans un communiqué relayé par l’agence semi-officielle iranienne Tasnim.

Si le blocus crée de l’insécurité pour les navires marchands et les pétroliers iraniens, Téhéran considérera qu'il s'agit d'une violation du cessez-le-feu auquel les parties ont consenti la semaine dernière, a ajouté ce haut responsable militaire iranien, qui supervise les opérations conjointes de l’armée et des Gardiens de la révolution islamique.

L’armée américaine a déclaré qu'elle a totalement interrompu les échanges commerciaux maritimes de l’Iran, faisant valoir qu'environ 90 % de l'économie iranienne dépend du commerce maritime.

Dans un message publié mercredi après-midi sur le réseau social X, le commandement central américain (CENTCOM) a dit avoir intercepté la veille un cargo sous pavillon iranien qui cherchait à contourner le blocus américain après avoir quitté le port de Bandar Abbas et être sorti du détroit d'Ormuz.

Ce navire a été redirigé vers l'Iran, a ajouté le CENTCOM.

Dix navires ont ainsi été redirigés depuis lundi et aucun navire commercial en provenance ou à destination des ports iraniens n’a échappé au blocus naval, a soutenu le commandement central américain.

Pendant cette période, neuf navires liés à l’Iran ont obéi aux ordres radio des navires de la marine américaine postés dans la mer d’Oman, faisant demi-tour vers un port iranien, a précisé l'armée américaine dans un communiqué.

Selon CNN, les médias d'État iraniens ont cependant affirmé que quatre vaisseaux avaient réussi à contourner le blocus.

Le CENTCOM a par ailleurs indiqué que plus de 10 000 militaires, appuyés par des dizaines d’avions et de navires de guerre, participent à cette mission.

La porte-parole de la Maison-Blanche, Karoline Leavitt, a refusé de dire pendant combien de temps le blocus pourrait se prolonger.

Je ne fixerai jamais de calendrier au nom du président des États-Unis, a-t-elle déclaré au cours d'un point de presse.

Le blocus [...] a été pleinement mis en œuvre et il est appliqué aux navires de toutes les nations à destination ou en provenance des ports iraniens.

L'administration Trump se veut rassurante quant aux prix du pétrole

Avant le conflit, qui a entraîné une flambée des prix des hydrocarbures, environ le cinquième du trafic mondial de pétrole et de gaz naturel liquéfié transitait par le détroit d'Ormuz.

La moyenne nationale compilée mercredi par l'American Automobile Association (AAA) dépassait 4,10 $ US le gallon d'essence (un peu moins de quatre litres). Plusieurs experts estiment que ce prix continuera de monter.

Avant la campagne militaire lancée le 28 février par le président américain, le prix du gallon était de 2,98 $ US, selon l'AAA.

Karoline Leavitt a cependant martelé que les prix à la pompe ont baissé depuis le retour au pouvoir de Donald Trump.

Il y a une perturbation à court terme, mais encore une fois, elle s’inscrit dans l’objectif stratégique à long terme de faire en sorte que ces terroristes ne puissent pas posséder une bombe nucléaire, s'est-elle défendue.

À ses côtés, le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, s'est dit optimiste de voir le prix du pétrole retomber sous le seuil des 4 $ US le gallon d'ici le 20 juin.

Il a par ailleurs menacé d’imposer des sanctions à d'autres pays qui transigent avec l'Iran. Nous avons dit aux pays que s’ils achètent du pétrole iranien ou si des fonds iraniens sont déposés dans leurs banques, nous sommes désormais prêts à imposer des sanctions secondaires, a-t-il indiqué.

À quelques semaines d'un voyage crucial à Pékin, Donald Trump a de son côté assuré qu'il avait convaincu les autorités chinoises de la pertinence de sa stratégie.

La Chine est très heureuse que j'ouvre de manière permanente le détroit d'Ormuz, a-t-il écrit sur sa plateforme Truth Social, affirmant que ses interlocuteurs chinois avaient accepté de ne pas envoyer d'armes à l'Iran.

Le président Xi me fera un gros câlin quand j'arriverai là-bas, dans quelques semaines, a-t-il ajouté.

La Maison-Blanche dit avoir bon espoir d'en arriver à un accord

Commentant des informations publiées par certains médias, la porte-parole de la Maison-Blanche a réfuté que les États-Unis aient demandé une extension du cessez-le-feu, qui expirera le 21 avril.

Ce n'est pas vrai à l'heure actuelle, a-t-elle répondu à un journaliste, affichant cependant de l'optimisme devant les perspectives d’un accord. Il est évidemment dans l'intérêt de l’Iran de répondre aux exigences du président Trump.

Mme Leavitt n'a pas précisé quand s'amorcera une éventuelle deuxième séance de pourparlers, mais elle a indiqué qu'ils se dérouleront très probablement au Pakistan, le seul médiateur dans ce conflit.

1:51

Le reportage d’Azeb Wolde-Giorghis

Dans une entrevue accordée mardi à Fox News, le président américain avait évoqué une éventuelle reprise des discussions dans ce pays au cours des prochains jours. Plus tôt la même journée, il avait dit à un autre média qu'elles auraient probablement lieu dans un autre pays.

Dans son entrevue à Fox News, il a par ailleurs répété que la guerre avec l'Iran était « très près d'être finie », un scénario qu'il a déjà évoqué à plusieurs reprises. Il a parallèlement affirmé que les États-Unis pourraient poursuivre leurs frappes.

Après l'échec du premier cycle de discussions à Islamabad, dimanche, une délégation de médiateurs pakistanais qui inclut le chef de l’armée pakistanaise, le maréchal Asim Munir, est arrivée en Iran. Les médias d’État iraniens ont affirmé qu'il était porteur d’un nouveau message des États-Unis.

Un porte-parole de la diplomatie iranienne a par ailleurs réitéré son exigence pour le nucléaire iranien, que Washington juge irrecevable.

Le droit au nucléaire civil ne peut pas être retiré sous la pression ou par le biais de la guerre, a-t-il déclaré, ouvrant seulement la porte à des débats sur le degré et le type d'enrichissement d'uranium.

Le Wall Street Journal a rapporté que les États-Unis cherchaient à obtenir une suspension de 20 ans du programme iranien d'enrichissement d'uranium. L'Iran aurait pour sa part proposé de suspendre ses activités nucléaires pendant cinq ans, selon le New York Times.

Signe d'une inquiétude qui perdure devant une guerre qui a secoué l'économie mondiale, les ministres des Finances de 11 pays, dont le Royaume-Uni, le Japon et l'Australie, ont appelé à une résolution négociée rapide et durable du conflit.

À Washington, la majorité républicaine du Sénat a par ailleurs rejeté pour la quatrième fois une tentative démocrate de limiter les pouvoirs de guerre du président Trump.

Au moins 1701 civils, dont plus de 250 enfants, ont été tués en Iran depuis la fin février, selon l’agence de presse Human Rights Activists News Agency. Les États-Unis ont pour leur part perdu 13 militaires.

Selon le Croissant-Rouge iranien, les équipes d’urgence ont secouru plus de 7200 Iraniens dans des décombres depuis le début des bombardements américano-israéliens.

Vers une trêve sur le front libanais?

Un homme est entouré de ruines.

Une frappe aérienne israélienne dans une banlieue au sud de Beyrouth, la capitale du Liban, a détruit plusieurs immeubles.

Photo : Getty Images / AFP / Benoit Durand et Hans Lucas

Divers médias ont rapporté qu'Israël envisage un cessez-le-feu de courte durée au Liban, où se sont poursuivies les hostilités avec le Hezbollah, pro-iranien, malgré la trêve conclue la semaine dernière entre les États-Unis et l'Iran.

Le gouvernement de Benyamin Nétanyahou estime que l'entente ne s'étend pas au front libanais, une interprétation contestée par Téhéran.

Selon l'agence Reuters, qui a cité un haut responsable israélien, Israël subit de fortes pressions de Washington pour conclure une trêve.

D'après un autre responsable israélien cité par cette agence de presse, le cabinet de sécurité israélien s’est même réuni mercredi pour discuter de ce scénario.

Citant un responsable iranien, le média Al Mayadeen, considéré comme pro-Hezbollah, a évoqué un cessez-le-feu d’une semaine, qui entrerait en vigueur en soirée et dont l'échéance coïnciderait avec celle du cessez-le-feu américano-iranien.

Pendant la réunion du cabinet de sécurité, Benyamin Nétanyahou a toutefois publié une vidéo dans laquelle il dit que l’armée israélienne continue de frapper le Hezbollah et est sur le point de venir à bout de la ville de Bint Jbeil, dans le sud du Liban, qu'Israël a dit avoir encerclée.

Il est encore trop tôt pour dire comment cela se terminera ni même comment cela évoluera, a-t-il déclaré, affirmant que son pays est prêt à toute éventualité si les combats devaient reprendre.

Il a par ailleurs indiqué avoir ordonné à l’armée de continuer à renforcer la zone de sécurité dans le sud du Liban – un secteur qu’Israël prévoit occuper – tout en poursuivant parallèlement les négociations avec le gouvernement libanais.

Les ambassadeurs israélien et libanais aux États-Unis ont eu des discussions mardi – les premières du genre depuis 1993 – qui pourraient être suivies de négociations de plus haut niveau.

Le département d'État américain a affirmé que la date et le lieu des négociations directes restent à fixer d'un commun accord.

Opposé à toute négociation directe, le Hezbollah, qui a revendiqué des tirs de roquettes sur Israël, a qualifié les pourparlers de capitulation.

D'après l'ONU, environ un million de personnes ont été déplacées au Liban, soit un cinquième de la population. Cette organisation a appelé la communauté internationale à apporter un soutien urgent à ce pays.

Avec les informations de The Guardian, New York Times et Agence France-Presse

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