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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwaySi on observe des avancées quant aux services en français offerts par le gouvernement de la Colombie-Britannique depuis deux ans, il reste cependant du travail à faire, estiment certains acteurs de la francophonie provinciale.
Depuis l’entrée en vigueur de la politique sur les services en français le 1er avril 2024, qui permet de rendre les services à la population francophone plus accessibles, Emmanuelle Corne Bertrand, directrice générale de la Fédération des francophones de la Colombie-Britannique (FFCB), constate une progression.
[À l’époque], nous étions surtout en relation avec le ministère des Affaires francophones et c'était nous qui demandions à être mis en contact avec tel ou tel ministère. Maintenant, ça arrive que ce soit l'inverse.
En marge de la Journée de la proclamation de la francophonie, le ministre responsable des Affaires francophones, Adrian Dix, estime quant à lui que la fonction publique a répondu avec enthousiasme à cette démarche, notant que 200 fonctionnaires sont sur une liste d’attente afin d’apprendre le français.

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En 2024, la Colombie-Britannique marquait l’histoire avec sa toute première politique sur les services en français. Une victoire sur papier, mais qu’est-ce qui a vraiment changé?
Photo : Radio-Canada / Simon Gohier
La Colombie-Britannique est la dernière province au pays à avoir adopté une politique sur les services en français, soit un geste qui avait suscité un sentiment de soulagement, comme l’indique la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA).
« Quoique le type de loi ou de politique varie grandement d’un endroit à l’autre, il est très significatif que chaque province et territoire en ait une », réaffirme Liane Roy, présidente de la FCFA.
Santé et justice, des bonnes avancées
Parmi les avancées des deux dernières années, c’est l’ouverture du centre de santé communautaire francophone à Vancouver, Santé Ouest, qui réjouit particulièrement Liane Roy, tout comme pour Emmanuelle Corne-Bertrand.
Il y a des chantiers qui avaient commencé avant l'adoption de la politique, mais cela a certainement mis un petit coup d'accélérateur, précise la présidente de la FFCB.
Le premier bilan après un an de mise en œuvre de la politique indique d’ailleurs une augmentation de l'usage des services d'interprétation en santé de 85 %.
Le bilan de la deuxième année n'est pas encore connu parce que le « rapport final pour l'exercice financier de la deuxième année de la politique relative aux services en français devrait être publié d'ici l'automne 2026 », indique un porte-parole du gouvernement.

Emmanuelle Corne Bertrand, directrice générale de la FFCB.
Photo : Radio-Canada / Wildinette Paul
De son côté, le ministère responsable de la Justice est ouvert au fait français, assure Sandra Mandanici, présidente de l’Association des juristes d’expression française de la Colombie-Britannique (AJEFCB).
Celle-ci souligne aussi l'ajout de services gratuits offerts en français pour la population en matière de séparation et de violence familiale.
Le 1er décembre 2024, le gouvernement de la Colombie-Britannique [...] a permis aux justiciables francophones d'avoir un divorce en français.
Le ministre Adrian Dix salue aussi le fait que 200 cas ont été entendus en français dans les cours provinciales, soit deux fois plus que l’année précédente.
Des manques à combler
Malgré certaines avancées, le manque de personnel de première ligne dans certains postes clés continue d’avoir un impact sur le quotidien des francophones.

Il faut davantage de personnel dans les tribunaux de la Colombie-Britannique qui parle français, comme des greffiers et des juges, croit l'AJEFCB.
Photo : Radio-Canada / Antonin Sturlese
Ainsi, le manque de juges d’expression française peut ralentir ou même suspendre les procédures lors d’un procès.
On a un grand besoin aussi de shérifs et de greffiers à la cour parce que, si l'on n’a pas ce personnel, évidemment, on a un grand problème, rappelle Sandra Mandanici.
La pénurie de personnel bilingue pénalise en fin de compte la protection du public, soutient l’avocate criminaliste.

Sandra Mandanici, présidente de l’Association des juristes d’expression française de la Colombie-Britannique (AJEFCB).
Photo : Radio-Canada / Cheï Tran Lévesque
Marc-André Léveillé, président du conseil d’administration du Centre culturel francophone de l’Okanagan (CCFO), mais qui s'exprime en son nom propre, estime que l'adoption de la politique est une très belle nouvelle.
Cependant, il dit ne pas avoir remarqué de grands changements, notamment quand vient le temps de renouveler son permis à la Société d'assurance automobile de la Colombie-Britannique (ICBC).
« On se rend dans les bureaux d'ICBC, on voit cette petite pancarte bleue que tous les francophones reconnaissent [pour un service bilingue], mais la réalité, c'est qu'il y a une résilience qui s'installe parce qu'on attend ce rendez-vous [...] mais qu'on arrive devant un fonctionnaire [qui ne parle pas français] », affirme-il.

Une photo de trois petites attaches indiquant que l'on peut recevoir un service soit en anglais ou en français.
Photo : Radio-Canada / Alix Villeneuve
Adrian Dix reconnaît que les services au guichet sont importants et qu’il faudra s’y atteler.
Révision dès avril
Parmi les obstacles qui demeurent, Emmanuelle Corne Bertrand mentionne des failles, notamment en ce qui concerne l'intégration professionnelle des francophones formés à l'extérieur de la Colombie-Britannique.
On a encore, par exemple, de gros défis sur la reconnaissance des diplômes pour les personnes qui n’ont pas gradué en Colombie-Britannique ou qui n'ont pas fait leurs études en Colombie-Britannique.
Cette difficulté est notamment importante pour les nouveaux immigrants francophones qui sont installés au Canada, mais aussi pour les personnes formées dans d’autres provinces canadiennes.
Dès le mois d’avril, le gouvernement lancera une révision de cette politique à travers un sondage qui sera administré aux fonctionnaires provinciaux et aux organismes de la francophonie, explique Emmanuelle Corne Bertrand.
Marc-André Léveillé estime que la consultation doit donner la parole au public.
« [Il faut] sonder la population pour savoir de quels services ils ont besoin au quotidien, où sont les lacunes et quelles sont les priorités. C’est la meilleure façon d’assurer la pertinence de cette politique », croit-il.
Nous aurons des résultats dès juin et nous allons agir sur ce rapport, assure Adrian Dix.


2 months ago
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