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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayDes pharmaciens et des médecins sont contraints de retourner à l'usage des télécopieurs et du papier, d'ici la fin du mois, alors qu’ils utilisaient des ordonnances électroniques depuis plus d'un an. En cause : l'arrêt d'un projet financé par le fédéral, qui n'est pas compensé par le gouvernement du Québec. Un recul dénoncé par le bannières et les chaînes de pharmacies.
C'est un recul énorme pour nous, déplore le Dr Jean-Gabriel Billette, médecin superviseur au GMF-U La Pommeraie, à Cowansville. C’est un non-sens qu'on retourne en arrière.
Le projet PrescripTIon Québec devait être déployé dans les 1900 pharmacies du Québec d'ici 2027-2028, mais il est plutôt « débranché » ce mois-ci.
Depuis la fin 2024, le Dr Billette participe au projet pilote avec huit cliniques (138 médecins) et 14 pharmacies de l'Estrie.
Il y beaucoup d'avantages puisque les ordonnances par télécopieur sont remplacées par une communication numérique sans aucun délai et sans papier qui risque de se perdre.
C'est super facile à utiliser, c'est très intuitif comme système, explique-t-il. Ça a complètement changé notre pratique avec ces pharmacies.

Le Dr Jean-Gabriel Billette est médecin au GMF La Pommeraie, à Cowansville.
Photo : Radio-Canada
À Cowansville, la pharmacienne propriétaire affiliée à Jean Coutu Julie Coderre nous explique que avant, ça pouvait prendre 45 minutes pour recevoir un fax pour une ordonnance, alors que maintenant, c'est instantané.
Plus besoin d'essayer de déchiffrer et de retranscrire les ordonnances, parfois écrites à la main, ce qui réduit les risques d'erreurs.
On ne veut plus voir de papier en laboratoire après avoir goûté à PrescripTIon Québec, dit-elle.
On va être très déçus [...]. Tous les gains qu'on peut faire en pharmacie au niveau du temps, on les prend, parce que ça veut dire qu'on peut être plus disponibles pour le patient.
« Retour exclusif au télécopieur »
Radio-Canada a obtenu le plan de coordination de la désactivation du projet, préparé par Santé Québec. On peut y lire que la mise hors service est prévue pour le 29 mai avec un retour exclusif au télécopieur.

Extrait du Plan de désactivation préparé par Santé Québec.
Photo : Radio-Canada
La semaine dernière, la ministre de la Santé du Québec, Sonia Bélanger, évoquait sa fierté de pouvoir, enfin, au Québec, sortir de l'ère du fax avec le déploiement du Dossier santé numérique (DSN) dans deux régions.
Quant à la première ministre, Christine Fréchette, elle disait, qu'en 2026, être encore dépendant du fax, ça n'a plus de bon sens.
Les pharmacies reçoivent encore beaucoup d'ordonnances par télécopie papier ou télécopie sous forme de fichier au format PDF, dont il faut bien souvent retranscrire les informations.
Sur le site web du gouvernement du Québec, on peut lire que le projet PrescripTIon Québec constitue la solution québécoise pour faciliter la transmission électronique des ordonnances ainsi que les communications entre prescripteurs et pharmaciens communautaires.
On peut aussi lire que le déploiement provincial du projet se fait progressivement.

Sonia Bélanger, ministre de la Santé du Québec (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel
Santé Canada était déçu du projet en dehors du Québec
C'est le gouvernement fédéral qui finançait le projet avec la collaboration du gouvernement du Québec. L'initiative était testée dans tout le Canada.
Mais il y a quelques mois, Ottawa a décidé de cesser de financer le programme Inforoute Santé du Canada, dans lequel il avait investi 250 millions de dollars.
Le gouvernement fédéral a été déçu de la réception ailleurs au pays, mais il reconnaît que la phase d’essai réalisée au Québec avec Omnimed et le Groupe Jean Coutu s’est révélée concluante.
Moins de 5 % du nombre total d’ordonnances au Canada ont été transmises au moyen de ce service, explique la porte-parole de Santé Canada, Karine LeBlanc. Au Québec, des pharmacies du projet pilote ont dépassé la barre des 50 % d'ordonnances électroniques.
La grosse différence, c'est que les pharmaciens des autres provinces devaient payer un montant de 20 cents pour chaque ordonnance transmise avec le système. Au Québec, c'est la province qui assumait la facture.
Le financement de PrescripTIon ne devait être qu’un capital d’amorçage plutôt qu’un investissement continu à long terme. On escomptait que le service devienne financièrement autonome au fil du temps.

La ministre fédérale de la Santé, Marjorie Michel (Photo d'archives)
Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld
Québec ne compense pas, pour le moment
Nous avons demandé le 8 mai au ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec (MSSS) ce qu'il comptait faire pour la suite. Il nous a répondu le 13 mai qu'il travaille avec Santé Québec à identifier des solutions pour éviter tout bris de service et permettre la poursuite de l’évolution de la prescription électronique au Québec.
Les travaux sont en cours. Nous ne pouvons en dire davantage pour le moment, nous écrit par courriel la porte-parole du ministère, Marie-Claude Lacasse.
PrescripTIon est un pilier important de la transformation numérique du réseau et le MSSS est conscient de son importance.
L'arrêt du projet fixé au 29 mai est toutefois connu depuis des mois. Le plan de désactivation que nous avons obtenu est daté du 8 avril. Par ailleurs, en février, une lettre a été adressée à la ministre Sonia Bélanger et à la PDG de Santé Québec, Geneviève Biron, pour leur demander de réagir.
La continuité de cette initiative est essentielle, écrivaient les présidents de l'Association québécoise des pharmaciens propriétaires et de l'Association des bannières et des chaînes de pharmacies du Québec.

Hugues Mousseau est directeur général de l’Association des bannières et des chaînes de pharmacies du Québec.
Photo : Radio-Canada / Cedric Berube
Pour une fois qu'on a, au Québec, un système technologique en santé qui fonctionne à coût raisonnable et qui est déployé dans les temps, on apprend, à quelques semaines à peine d'un déploiement panquébécois qu’on nous demande de faire l'inverse.
Le représentant des 1900 pharmacies du Québec ajoute que les projets vitrines réalisés avec Jean Coutu, Brunet, Uniprix et Proxim ont déjà démontré des résultats très concluants, avec plusieurs pharmacies [qui] ont déjà vu au-delà de la moitié des ordonnances de leurs patients transiger via PrescripTIon Québec.
Les pharmacies du Québec reçoivent 320 millions d'ordonnances par année.


3 weeks ago
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