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Des passionnés luttent pour sauver une ancienne briqueterie patrimoniale de l’oubli

1 month ago 6

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Autrefois prisé par les visiteurs, le site historique national de la Briqueterie-de-Claybank voit, depuis quelques années, la nature reprendre ses droits. Aujourd'hui laissée à l'abandon, l’ancienne usine de briques de la Saskatchewan et son patrimoine ne survivent que grâce au dévouement d’une poignée de bénévoles qui gardent l’espoir de lui insuffler une seconde vie.

Passionné du lieu, Dan Flegel continue d'entretenir bénévolement le terrain et les bâtiments de la briqueterie. Un travail pour lequel il était jadis payé, mais en 2017, le gouvernement provincial a cessé de financer l'entretien du site. Sans l'argent pour faire les réparations qui assuraient la sécurité de l’endroit pour le public, les ingénieurs de la province ont déterminé que le lieu n'était plus sécuritaire pour les touristes en 2019.

Plan rapproché de Dan Flegel dans la briqueterie de Claybank.

En plus d'être membre de la Société historique de la briqueterie de Claybank, Dan Flegel est un ancien employé de l'usine.

Photo : Radio-Canada / Cory Herperger

[L'endroit] est exactement pareil à ce qu'il était avant, à part la détérioration évidente sur les briques et les toitures, indique l’homme qui travaillait autrefois pour l’usine.

L'ancienne briqueterie de Claybank, en Saskatchewan, en juillet 2026.

5:48

Suivez la journaliste Philippine François-Gascard dans sa découverte de la briqueterie.

Photo : Radio-Canada / Cory Herperger

Ce complexe industriel, situé à une centaine de kilomètres au sud-ouest de Regina, est resté figé dans le temps, comme si les employés avaient quitté l’endroit un matin et n’y étaient jamais revenus. Certaines machines sont d’ailleurs toujours fonctionnelles.

La briqueterie de Claybank a été désignée comme un lieu historique national du Canada parce qu'elle [est] un exemple en parfait état d’un complexe de briqueterie du début du XXe siècle qui a conservé toutes ses structures clés et le matériel de briqueterie de la période allant de 1912 à 1937, écrit Parcs Canada sur son site web.

Dan Flegel trouve cela difficile de voir l’état des lieux aujourd’hui.

C’est vraiment déchirant. Après tout ce travail, surtout avec tous nos efforts en tant que Société historique de la briqueterie de Claybank depuis environ 1995. C'est un peu comme se frapper la tête contre un mur.

De 1914 à 1989, les briques réfractaires produites ici alimentaient les industries ferroviaire, métallurgique et énergétique. Pouvant résister à des chaleurs atteignant 3300 °F, ces briques étaient notamment utilisées dans la fabrication des fours au charbon.

Les briques fabriquées à Claybank ont même été utilisées sur des rampes de lancement des fusées de la NASA.

La construction de la tour centrale du Château Frontenac, à Québec.

Les briques de façade de Claybank ont été utilisées dans la construction de la tour centrale du Château Frontenac. (Photo d'archives)

Photo : Ville de Québec

Outre les briques réfractaires, l'usine saskatchewanaise fabriquait aussi des briques de façade, dont certaines ont été utilisées dans la construction de la tour centrale du Château Frontenac, à Québec.

Toutefois, en 1989, tout bascule pour l’usine. Cette année-là, la réduction des effectifs au sein de l'entreprise a entraîné la fermeture définitive du site de Claybank, explique-t-on sur le site web du musée consacré à l'usine.

Fermeture du site historique

Pendant des décennies, les vestiges de la briqueterie ont attiré les passionnés d'histoire et les simples curieux.

Bien que des personnes s'aventurent toujours illégalement sur le site, l’endroit a officiellement fermé ses portes au public pour des raisons de sécurité en 2019.

L'année suivante, le gouvernement a décidé de maintenir l’établissement fermé en raison de la COVID-19, indique Bobbie Machmer, membre de la Société historique de la briqueterie de Claybank. Six ans plus tard, la province n’est toujours pas revenue sur cette décision en raison des problèmes de sécurité et du coût des assurances.

Bobbie Machmer, membre de la Société historique de la briqueterie de Claybank, en juillet 2026.

Bobbie Machmer craint que la briqueterie ne tombe dans l'oubli.

Photo : Radio-Canada / Cory Herperger

Après plus de 15 ans à travailler à la préservation de l’histoire de la briqueterie de Claybank, Bobbie Machmer se désole de voir le bâtiment à l'abandon.

Je pense que [la briqueterie] sera oubliée plus vite qu'on le pense. Si les bâtiments tombent en ruine, si vous ne savez pas vraiment ce que vous regardez... Dès que vous ne pourrez plus voir les cheminées depuis l'autoroute, ce sera perdu, croit-elle.

C’est notre petit Titanic. Il s'enfonce petit à petit.

L'ancienne briqueterie de Claybank, en Saskatchewan, en juillet 2026.

Avant sa fermeture au public, la briqueterie accueillait des milliers de visiteurs chaque année.

Photo : Radio-Canada / Alexandre Lauzon

Avant, lors des Journées du patrimoine, nous accueillions entre 1000 et 1800 personnes, se rappelle Bobbie Machmer. Aujourd'hui, nous n'en accueillons plus qu'environ 2700, et ce, pour toute la saison.

L'ancien dortoir des employés de la briqueterie de Claybank, en Saskatchewan, en juillet 2026.

L'ancien dortoir des employés de la briqueterie est aujourd'hui le seul bâtiment que les touristes peuvent visiter.

Photo : Radio-Canada / Cory Herperger

De nos jours, seul l'ancien dortoir des employés est accessible aux visiteurs. Le bâtiment a été transformé en petit musée abritant des artéfacts récupérés dans l'usine.

Quel avenir pour la Briqueterie-de-Claybank?

Malgré les défis et le découragement, les membres de la Société historique de la briqueterie de Claybank ne baissent pas les bras. Ensemble, ils continuent d’enrichir les connaissances entourant le site de l'usine.

Des briques laissées à l'abandon près de l'ancienne briqueterie de Claybank, en Saskatchewan, en juillet 2026.

Les membres de la Société historique de la briqueterie de Claybank souhaitent qu'on étudie tout l'écosystème qui entoure la briqueterie.

Photo : Radio-Canada / Cory Herperger

Nous essayons d'étudier les plantes indigènes. Nous en avons recensé 99 et les avons répertoriées, ainsi que les 121 espèces d'oiseaux qui fréquentent le site. Nous travaillons également en collaboration avec le Musée royal de la Saskatchewan pour étudier les insectes qui viennent se nourrir de ces plantes indigènes, explique Bobbie Machmer.

La Société historique essaie aussi de comprendre ce qui s'est passé ici avant 1883.

La légende veut que, en 1886, Tom McWilliams, un éleveur de la région, cherchait ses vaches égarées. Lorsqu’il a utilisé son télescope pour les retrouver, il a vu de l’argile blanche briller au loin, ce qui a mené à la naissance de l’usine.

Le télescope qu'aurait utilisé Tom McWilliams en 1886 lorsqu'il a découvert le dépôt d'argile près de Claybank, en Saskatchewan.

La légende raconte que Tom McWilliams aurait découvert le dépôt d'argile de Claybank grâce à ce télescope en 1886.

Photo : Radio-Canada / Cory Herperger

Malgré tous les efforts, Bobbie Machmer estime que le gouvernement provincial ne va pas rouvrir le lieu historique de si tôt. Elle affirme pourtant que certains endroits sont toujours sécuritaires et qu'il serait possible de les visiter.

L'ancienne briqueterie de Claybank, en Saskatchewan, en juillet 2026.

Malgré les défis, les membres de la Société historique de la briqueterie de Claybank ne baissent pas les bras.

Photo : Radio-Canada / Cory Herperger

Pour ce qui est des endroits considérés comme dangereux pour le public, Bobbie Machmer croit que la communauté serait prête à se mobiliser pour leur redonner vie.

J'aimerais qu'on puisse reprendre [la briqueterie] et la privatiser. Je pense qu'on pourrait la réparer sans problème. Il y a beaucoup de gens qui donneraient de leur temps, estime-t-elle.

Avec les informations de Philippine François-Gascard

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