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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayDes intervenantes sociales spécialisées en périnatalité dénoncent le manque de formation en santé mentale parmi les professionnels de la santé qui travaillent aussi en périnatalité.
Or, les besoins en la matière sont criants : une femme sur cinq a déclaré avoir eu besoin de soins en santé mentale pendant ou après la grossesse, mais n’en a pas reçu, selon les dernières données de 2024 de Statistique Canada.
Améliorer les formations en périnatalité, c'est mon projet de vie, explique la cofondatrice de la Clinique Matrescence, Carolanne Dionne.
Ce réseau, composé de 17 intervenants dans la province, a comme objectif de faire la promotion de la santé mentale et rendre plus accessibles les services pour les parents, explique Mme Dionne en entrevue avec Radio-Canada.

Carolanne Dionne (à droite) fait de l'amélioration des formations en périnatalité pour les professionnels un « projet de vie ». À gauche, Thalie Chartrand est intervenante sociale.
Photo : Radio-Canada / Alexis Gauthier-Gagné
La députée du Parti libéral du Québec, Elisabeth Prass, abonde dans le même sens que les intervenantes sociales. Elle croit que les formations doivent être uniformisées dans toutes les régions.
Il faut qu'il y ait une équité régionale, que ce soit par des programmes de formation ou des services offerts, a expliqué la députée en réaction à l'article de Radio-Canada.
Le ministère des Services sociaux a été sollicité par Radio-Canada, mais n'a pas répondu à la demande d'entrevue.

Elisabeth Prass est également porte-parole de l’opposition officielle en matière de santé mentale et de service sociaux. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel
Des besoins en santé mentale
En 2024, 21 % des mères et des parents ayant donné naissance ont déclaré qu'aucun fournisseur de soins de santé ne leur avait posé de questions sur leur bien-être émotionnel pendant leur grossesse ou après leur accouchement, toujours selon Statistique Canada.
La professeure à l’École de santé publique et chercheuse au CHU Ste-Justine, Sylvana Côté, abonde dans le même sens que Mme Dionne.
C'est certain qu'on pourrait rehausser le type de formation qui est offert à tous les gens qui travaillent en période périnatale.
Pour pallier le manque de ressources en périnatalité, la professeure Sylvana Côté dirige une plateforme d’autosoins pour les mères, Toi-Moi-Bébé.
C’est un programme validé. On l’a développé pour que les femmes puissent prendre en main leur bien-être et leur santé mentale. Puis, on a aussi toutes les ressources en période natale disponibles au Québec.
Cet outil avait été lancé par le ministre responsable des Services sociaux, Lionel Carmant, en 2024.

Le ministre des Services sociaux, Lionel Carmant, avait salué le projet, issu du Plan d'action interministériel en santé mentale 2022-2026. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel
Un système de santé inefficace?
La professeure Sylvana Côté affirme que les spécialistes n'ont « rien à recommander » pour les femmes.
Il n’y a pas beaucoup de psychiatres pour cette population. Et donc, devant ce manque de ressources spécialisées, ils ne savent pas quoi offrir aux femmes, explique-t-elle. Là, [les mères] pleurent dans leur cabinet, mais [ces professionnels] n’ont rien à recommander de disponible facilement.

Sylvana Côté est psychologue de formation. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada
Le système de santé n’est pas en mode prévention, mais en mode curatif, ajoute la travailleuse sociale Thalie Chartand, qui travaille également pour la Clinique Matrescence.
De plus, l’accompagnement à l’hôpital après l’accouchement n’est pas idéal pour les parents, croit-elle.
Quand tu reviens chez toi, tu te dis que s’il y a quelque chose qui ne va pas bien, c’est encore la faute du parent parce que tu avais le guide d’autosoins en cas de dépression [post-partum], illustre Mme Chartrand.
Ce surplus d’information peut être négatif pour les nouveaux parents. Trop d’informations, c’est comme pas assez. Il y en a tellement que ça devient anxiogène.
Trop de connaissances
Cette anxiété peut également être accentuée par le surplus de connaissances des jeunes mères.
La tranche sociale qui ressent le plus d’anxiété par rapport à son enfant, ce sont les femmes qui sont les plus éduquées, souligne Carolanne Dionne, qui l’a vécu personnellement.
Ça faisait longtemps que je travaillais en périnatalité et j’ai eu mon propre bébé. Avec toutes mes formations et mon expérience en développement de l’enfant, parfois, je ne comprenais pas ce que mon bébé avait.
D’où vient l’importance du réseau de soutien, selon elle.
Je me sentais vraiment coupable puis, parfois, l’anxiété me prenait et je me disais : "Oh, mon dieu, je suis la pire mère sur cette terre." À ces moments, je pouvais appeler mon conjoint et je lui demandais s’il pouvait venir travailler de la maison, raconte Mme Dionne.
Elisabeth Prass, qui est également porte-parole de l'opposition officielle en matière de santé mentale et de service sociaux, croit que les guides d'autosoins contribuent à ce surplus d'information.
Quand les parents rentrent à la maison avec un guide, c'st un bloc de plusieurs centaines de pages et ce n'est pas toujours facile de passer à travers complètement, a déclaré la députée de D'Arcy-McGee.
Le souhait de Carolanne Dionne est également que la santé mentale des mères et des enfants soit placée sur un pied d’égalité, parce que, si la mère va moins bien, la santé mentale de son enfant ira moins bien et vice-versa.


4 weeks ago
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