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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayOn le retrouve au cinéma, au théâtre, en tournée, sur Internet et même dans la musique. Hamlet — le chef-d’œuvre de William Shakespeare mettant en scène un prince danois tourmenté — semble connaître un véritable regain d’intérêt.
Une production du National Theatre, avec Hiran Abeysekera dans le rôle-titre, est présentée à la Brooklyn Academy of Music. Une adaptation cinématographique située dans la communauté sud-asiatique de Londres met en vedette Riz Ahmed.
À 88 ans, Anthony Hopkins amuse ses abonnés sur TikTok en interprétant un extrait du célèbre monologue Être ou ne pas être. Le film Hamnet — récit romancé d’un deuil ayant inspiré la création de Hamlet — a valu un Oscar à Jessie Buckley.
The Fate of Ophelia — Ophélie étant la fiancée d’Hamlet — s’est hissée au sommet du classement du Billboard. Et Eddie Izzard entreprend une tournée mondiale avec sa version solo de la pièce.
Quatre cents ans plus tard, Hamlet — cet antihéros étonnamment moderne qui ne cesse de s’interroger après le meurtre de son père par son oncle, lequel a ensuite épousé sa mère — continue d’inspirer.
Vous en voulez encore davantage? Une pièce intitulée Hamnet, adaptée du roman de Maggie O’Farrell, part en tournée au Royaume-Uni avec la Royal Shakespeare Company. Shakespeare & Company prévoit également une tournée de Hamlet dans le nord-est des États-Unis cette année.
Au Canada, la production Sweet Prince propose une relecture queer et contemporaine de l’œuvre. À Québec, Le Diamant présente Hamlet, Prince du Danemark, qui mêle danse et théâtre sous la direction du chorégraphe Guillaume Côté et du metteur en scène Robert Lepage.
À New York, la troupe The Acting Company présentera une version en vers modernes dirigée par une femme, tandis que la compagnie péruvienne Teatro La Plaza a récemment offert une version hors Broadway mettant en scène huit acteurs hispanophones atteints du syndrome de Down.
Jeffrey R. Wilson, spécialiste de Shakespeare de l'Université Harvard, estime qu’Hamlet correspond parfaitement à notre époque, alors que le flot constant de mauvaises nouvelles nourrit les questionnements existentiels.
Les gens sont épuisés par le déferlement d’horreurs dans le monde. Hamlet donne au public à la fois la permission d’explorer ces émotions et une boîte à outils d’idées pour nous aider à gérer cette angoisse.
Un Hamlet neurodivergent
Cette multiplication des adaptations demeure étonnamment vivante et inventive, qu’il s’agisse du Hamlet de Brooklyn coiffé d’un bonnet ou de celui qui danse sur des rythmes inspirés de Bollywood à Londres.
Les grandes pièces survivent non pas parce qu’elles restent intactes, mais parce qu’elles continuent de se transformer, explique la metteuse en scène et dramaturge Chela De Ferrari, du Teatro La Plaza, dont le Hamlet neurodivergent se veut un appel viscéral et urgent lancé par ceux qui se retrouvent souvent exclus des récits culturels.
Travailler avec des comédiens atteints du syndrome de Down et de troubles cognitifs m’a ramenée à quelque chose d’essentiel dans Hamlet : derrière sa brillante philosophie se cache un être humain à vif qui se demande comment exister dans un monde qui ne cesse de le méconnaître, dit-elle.
L’un des moments les plus marquants du spectacle montre un acteur tentant de reproduire l’interprétation du monologue Être ou ne pas être par Laurence Olivier, dont l’image apparaît sur écran géant. Les mots prennent une résonance nouvelle lorsqu’ils sont prononcés par quelqu’un dont la place même dans les espaces publics ou artistiques est parfois remise en question.
J’aime imaginer une continuité entre nos comédiens et tous les grands acteurs qui ont porté cette pièce avant eux. Je crois que Shakespeare vit en chacun d’eux, ajoute De Ferrari.
Shakespeare dans une BMW
Lors des sorties scolaires consacrées à Shakespeare, le cinéaste Aneil Karia avait toujours l’impression que ces œuvres lui échappaient.
J’avais surtout l’impression d’assister à une expérience intellectuelle et de devoir mobiliser mon cerveau pour suivre l’intrigue, le langage et tout le reste, raconte-t-il.
Il s’est associé à Ahmed et au scénariste Michael Lesslie pour une réinterprétation épurée et contemporaine de Hamlet mettant l’accent sur le malaise du personnage principal face à sa complicité dans un système commercial corrompu.
Cela me semble très pertinent par rapport à la période politique que nous traversons. On dirait la question que beaucoup de gens se posent actuellement. Ces histoires donnent l’impression d’être une conversation à travers le temps.
Dans cette version, Hamlet fait la fête dans une boîte de nuit baignée de néons et livre son monologue au volant d’une BMW lancée à vive allure dans les rues pluvieuses de Londres, lâchant le volant alors qu’un camion fonce vers lui. Être ou ne pas être, effectivement.
Le meilleur scénario possible, c’est que cela ouvre Shakespeare à un public qui croyait que ce n’était pas pour lui ou qui avait jusque-là du mal avec cette œuvre, affirme Karia, dont le film sera offert en vidéo sur demande à compter de mardi.
C’est peut-être audacieux, mais j’ai l’impression que Shakespeare approuverait. Son attitude devait ressembler à : "Prenez tout ça et faites-en ce que vous voulez".
Un prince plus clownesque
Le Hamlet présenté à Brooklyn mise largement sur l’humour de la pièce, et pour cause : l’acteur qui incarne Hamlet est naturellement drôle.
Hiran Abeysekera se montre exubérant et espiègle, exploitant l’humour physique de la pièce tout en s’adressant directement au public pendant ses monologues, parfois assis au bord de la scène, les yeux dans ceux des spectateurs.
C’est une pièce très consciente d’elle-même. Elle sait, d’une certaine façon, qu’elle est une pièce, souligne le metteur en scène, Robert Hastie.
Hamlet sait qu’il est dans une pièce intitulée Hamlet, un peu comme Deadpool sait qu’il est dans un film intitulé Deadpool.
Abeysekera aborde le monologue Être ou ne pas être comme une pensée fugace, presque banale, plutôt que comme un grand moment théâtral solennel.

La pièce « Prince Hamlet » mise en scène par Ravi Jain et produite par Canadian Stage.
Photo : Bronwen Sharp
Au lieu de me dire : "Voilà le grand monologue et ça me terrifie", j’ai commencé à penser : "C’est le genre de pensée que la plupart d’entre nous avons tous les jours", explique-t-il. Parfois, on se regarde simplement dans le miroir et on se dit : "Ouf… aujourd’hui est une journée difficile".
Hastie estime qu’Hamlet est l’une de ces œuvres qui révèlent constamment de nouvelles facettes. Ancrée dans la condition humaine, elle offre à chaque génération un regard différent sur des vérités qui étaient déjà là.
L’une des raisons pour lesquelles Shakespeare — et cette pièce en particulier — continue de nous parler, c’est qu’à chaque fois que ces mots rencontrent un nouvel acteur ou une nouvelle troupe, cela devient une œuvre différente, dit-il. C’est peut-être la meilleure définition possible d’un classique.
Shakespeare sur les réseaux sociaux
Caitlin Cardile tente, à sa façon, de faire vivre ce dramaturge vieux de 400 ans à l’ère de TikTok. Avec sa troupe de trois personnes, la Mad Spirits Theatre Company est présente sur pratiquement toutes les plateformes sociales.
Nous voulions faire découvrir Shakespeare à un public moderne et le rendre plus accessible, explique Cardile. Nous voulons que les gens soient plus à l’aise avec Shakespeare et cessent de croire qu’il s’agit d’un anglais ancien impossible à comprendre.
La troupe publie des lectures et des analyses sur YouTube, mais c’est surtout sur Instagram et TikTok que le concept prend son envol. Les membres récupèrent des extraits audio populaires — allant de dialogues de The Office à des chansons de Lady Gaga — puis les associent à des personnages de Shakespeare.
On s’est dit : Ce serait drôle de prendre ces extraits viraux et de les attribuer à des personnages de Shakespeare, non? raconte Cardile.
Finalement, c’est devenu vraiment amusant.


3 weeks ago
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