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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayMobilité Infra Québec (MIQ) se dit préoccupé par la gouvernance et par l’estimation du coût du futur tramway de Gatineau, un mois après avoir récupéré les commandes du projet.
L'agence a partagé ses premiers constats sur le projet de tramway dans un communiqué diffusé lundi après-midi. Lors de sa prise en charge du projet, MIQ n’a pas été en mesure d’obtenir un estimé budgétaire actualisé du projet, relève-t-elle.
Mobilité Infra Québec souligne que les estimations prépandémiques partagées évoquaient un coût de 3,5 à 4,5 milliards de dollars pour un tracé de 24 km. « Or, ces derniers ne reflètent plus l’inflation ni l’évolution du marché », note la direction.
À titre comparatif, le tramway de Québec, TramCité, s’étend sur 19 km incluant un tunnel et est évalué à 7,6 milliards de dollars.
En conséquence, MIQ explique son intention d’avoir une estimation externe et indépendante [...] dont les résultats sont attendus au mois de mai, afin de connaître le coût estimé du projet de tramway.
Le codirecteur général de MOBI-O et porte-parole de la coalition S’allier pour le tramway, Patrick Robert-Meunier est surpris par cette comparaison.
Selon lui, il est normal que le projet de Québec soit plus coûteux. Il y a un tunnel de plusieurs kilomètres, ce qui influence nécessairement les coûts à la hausse, précise-t-il.
Autre point dans la mire de l’agence provinciale : l’achalandage. Les données d’achalandage actuelles reposent sur l’année de référence 2022, et ne sont donc pas à jour, est-il écrit dans le communiqué.
Une mise à jour de ces données sera donc une priorité de MIQ.
Contacté par Radio-Canada, le cabinet de la mairesse de Gatineau redirige la demande vers la Société de transport de l’Outaouais (STO), et indique que Maude Marquis-Bissonnette répondra aux questions sur les affirmations du MIQ en marge d’une réunion du conseil municipal mardi.
Pour sa part, le président du conseil d’administration de la STO, Edmond Leclerc, dit qu’il n’y a pas de surprise aujourd’hui.

Le conseiller du district de Buckingham et président du conseil d'administration de la STO, Edmond Leclerc (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Felix Desroches
C'est sûr qu'il y a des éléments sur lesquels ils souhaitent travailler, que c'était la prochaine étape naturelle, soutient-il. Le président du CA de la STO indique que ses équipes étaient justement en train de travailler là-dessus.
Ils vont pouvoir bénéficier du travail sur lequel nos équipes étaient attitrées présentement parce que justement, on était en train de produire les données d'achalandage les plus à jour pour la poursuite du projet.
La mise à jour des coûts, bien c'est la même chose, poursuit M. Leclerc. On travaillait sur des tests de sol, on faisait des études géotechniques. L'objectif, c'était d'avoir un estimé le plus proche possible de la réalité pour pouvoir donner le bon chiffre à la population et aux partenaires pour la phase de réalisation du projet.
De son côté, la PDG de MIQ, Renée Amilcar, explique que ces premiers constats ne sont pas encore un diagnostic.

La présidente-directrice générale de Mobilité Infra Québec, Renée Amilcar (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Maxime Saavedra-Ducharme
J'ai encore beaucoup de travail à faire avec les équipes, mais un premier constat qui était quand même assez important là que je voulais partager.
Elle ajoute que, puisque le bureau de projet s'en allait [dans cette direction] , cela conforte la décision du MIQ d’actualiser les données du projet de tramway.
J'arrête pas de dire que je suis votre alliée dans ce projet-là
Renée Amilcar assure également que son agence veut faire preuve de transparence dans sa reprise du dossier.
La gouvernance du bureau de projet aussi sous la loupe de MIQ
L’agence avance aussi certaines préoccupations concernant la gouvernance des coûts du bureau de projet, démantelé dans les dernières semaines. MIQ affirme que les dépenses mensuelles du bureau atteignaient près de 1,8 million de dollars.
Son équipe procédera donc à une révision des mécanismes de gouvernance et lancera des analyses visant à diversifier les sources de financement.
Edmond Leclerc avance que la STO et l’agence MIQ n’ont pas le même mandat.
Ce qu’ils annoncent, c’est qu’ils vont travailler avec une équipe réduite pour faire un pas de côté comme ils l’ont dit, justifie M. Leclerc. Le président du CA de la STO dit attendre de voir comment est-ce qu’ils vont être capables de travailler sur ce projet-là avec beaucoup moins d’effectifs que la STO.
On avait bâti une équipe performante, solide, avec des expertises, mais également avec des partenaires, comme un consortium international. Évidemment, ça fait partie des coûts rattachés au projet, des coûts mensuels, et c’était totalement justifié dans la perspective où on avait un échéancier de 5 ans.
Pour sa part, le codirecteur général de MOBI-O Patrick Robert-Meunier se range du côté du conseiller municipal.
Le tramway, ce n’est pas juste un projet de transport, un projet de mobilité. C'est un projet de transformation urbaine qui va toucher l'aménagement du territoire aussi, rappelle M. Robert-Meunier.
Ce n’est pas que déplacer des gens, on est [en train] de transformer l'aménagement aussi de tout un secteur d'une ville qui couvre plusieurs dizaines de milliers de personnes, ajoute-t-il du même souffle.
Ça ne prend pas juste des ingénieurs là. Ça prend une équipe multidisciplinaire pour pouvoir mener ce projet-là à terme, nuance-t-il.
Un jeu d’autruche, dénonce l’opposition
Ce qu'on apprend aujourd'hui finalement, ben c'est une autre tuile qui nous tombe sur la tête. On a comme l'impression qu'on a un peu joué à l'autruche avec ce projet, lance Timmy Jutras, conseiller municipal du district du Lac-Beauchamp et conseiller désigné de Gatineau ensemble.

Le conseiller désigné de Gatineau ensemble et conseiller municipal du district du Lac-Beauchamp, Timmy Jutras (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Felix Desroches
M. Jutras critique un manque de transparence de la part de la Ville et de la STO.
Depuis l'annonce du transfert du projet de tramway au MIQ, le conseil municipal n'a toujours pas eu de breffage technique à savoir combien il y avait d'employés qui étaient attitrés là officiellement? Combien ça coûtait? Est-ce qu'on est en voie ou non de mettre un terme à tous les contrats qu'on a signés?
Son parti et lui réclament une mise à jour sur le tramway depuis longtemps, affirme M. Jutras.
J'ai comme l'impression, à la lecture [du communiqué], qu'on a réussi à faire un bilan du projet en trois semaines, alors que nous, on l'a demandé pendant 45 jours lors de la dernière campagne électorale. On n'a jamais été en mesure d'avoir accès à ces chiffres-là.
Il ajoute attendre impatiemment le rapport de Mobilité Infra Québec, qui devrait être publié au mois de mai.
J'espère qu'on va pouvoir mettre beaucoup de lumière sur les nombreuses zones d'ombre, ajoute-il.
Le budget provincial sera déposé mercredi 18 mars et les regards seront tournés vers de nombreux dossiers, dont celui du tramway, de l’autoroute 50 ou encore la santé, avec notamment le futur hôpital.
Avec les informations de Patrick Foucault et d’Anne-Louise Michel


2 months ago
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