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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayQuand le deuxième tour des séries s’est mis en branle, le Canadien semblait – au mieux – piquer la curiosité des joueurs des Sabres de Buffalo. Après leur avoir infligé deux défaites sans appel de 5-1 et 6-2, parions que le CH a désormais droit à toute leur attention.
Les Sabres disputaient un match important dimanche soir. Leur défaite de 5-1 encaissée vendredi dernier devant leurs partisans avait provoqué des discussions dans leur vestiaire. Dans la bonne humeur, il avait notamment été question de l’importance d’oublier les mauvaises performances et de rapidement renouer avec les habitudes de travail et l’identité qui leur ont permis de dominer la LNH au cours des cinq derniers mois.
En lieu et place, les Sabres ont eu l’air d’une ambulance en feu filant tout droit en direction d’un ravin. Après avoir démarré du bon pied (ils ont ouvert la marque après seulement 53 secondes) les visiteurs l’ont complètement échappé. Et leur match s’est transformé en festival d’indiscipline et de laxisme défensif.
Le Canadien a profité des 20 juteuses chances de marquer et des six avantages numériques qui lui ont été offerts sur un plateau d’argent (20 chances de qualité!!!) pour inscrire 6 buts et renvoyer les Sabres à leur prochaine réunion d’équipe. Celle-ci s’annonce toutefois moins joyeuse.
Encaisser 11 buts en deux matchs durant la période de la saison où le jeu défensif est d’une importance capitale a de quoi semer de gros doutes au sein d’une équipe. Sans oublier le fait que c’était la première fois que Buffalo perdait deux matchs consécutifs depuis le 4 avril, soit il y a plus de cinq semaines.
Disons que l’ambiance n’était pas à la fête dans le vestiaire des visiteurs après la rencontre. Tour à tour, le gardien Alex Lyon, le défenseur Bowen Byram et l’attaquant Tage Thompson ont vanté la qualité du jeu du Canadien.
Bowen s’est dit d’avis que son équipe devait faire preuve d’une meilleure discipline pour éviter le banc des pénalités. Quant à Thompson (auteur du premier but des Sabres), il a déploré que lui et son équipe aient été désorientés par les mégawatts d’énergie circulant dans le Centre Bell.
Les joueurs du Canadien se nourrissent de ça. De notre côté, il faudra nous habituer à cette atmosphère, a-t-il lancé. Thompson a poursuivi en ajoutant que lui et ses coéquipiers devront trouver un niveau de jeu supérieur pour revenir dans la série.
Nous en sommes capables, a-t-il pris la peine de préciser.
S’il était convaincu de ce qu’il disait lorsqu’il a prononcé ces paroles, son visage n’avait toutefois pas l’air de le savoir.
C’est toutefois à Lindy Ruff qu’est revenu le trophée décerné à l’auteur de la déclaration la plus sentie de la soirée.
Le vétéran entraîneur des Sabres s’est étonné des mauvaises et inhabituelles décisions prises par ses joueurs lorsqu’ils étaient en possession de la rondelle. Il semblait aussi abasourdi par les cinq pénalités écopées par ses hommes alors qu’ils se trouvaient en zone offensive. Au hockey, être puni pour une infraction commise à 200 pieds de son propre filet équivaut à placer sa main sur le rond le plus rouge du poêle pour vérifier s’il est chaud.
« Nous avons connu le meilleur début de match qu’on pouvait souhaiter, puis nous avons enchaîné les mauvaises décisions. Et le Canadien nous les a fait payer. »
Je leur ai dit de ne pas sous-estimer cette équipe! S’ils n’ont pas réalisé ce soir qu’il ne faut pas les sous-estimer, ils ne le réaliseront jamais, a-t-il ensuite lancé, méritant ainsi automatiquement le prix oratoire de la soirée.
Si vous avez suivi le fil de cette chronique depuis le début de cette série, vous avez probablement noté que la désinvolture des Sabres et la porosité de leur défense sont des thèmes qui sont revenus à chacun des trois matchs.
À ma grande surprise d’ailleurs parce que cette équipe a littéralement survolé la LNH au cours des 50 ou 55 derniers matchs du calendrier régulier. Comment les Sabres ont-ils pu se façonner la deuxième meilleure fiche défensive de la ligue durant cinq mois et aboutir à ça?
Quand on colle les faits saillants des trois premiers matchs avec les déclarations faites dimanche par les représentants de cette équipe, on en vient à se demander si l’inexpérience des séries éliminatoires n’est pas en train d’exploser au visage de cette jeune équipe. Après tout, les Sabres n’ont-ils pas raté les séries 14 années de suite?
Les jeunes joueurs du Canadien ont eu droit à leur précieux baptême de feu contre les Capitals de Washington le printemps dernier. Et ils étaient prêts à affronter une équipe extrêmement aguerrie quand ils ont entrepris leur parcours éliminatoire en avril.
Pour leur part, les Sabres ont croisé les Bruins au premier tour. Le CH est le premier adversaire de haut niveau auquel ils font face en séries.
Ce fut peut-être une bénédiction pour le CH d’être immédiatement plongé dans une bataille de tous les instants face au Lightning. Les bons plis hérités de cette série épique sont d’ailleurs réapparus naturellement dès le deuxième match la série Canadien-Sabres.
Depuis ce temps, les hommes de Martin St-Louis n’en croient pas leurs yeux. Ils n’ont qu’à respecter leur système défensif et à attendre les ouvertures qu’on leur donne généreusement pour gagner leurs matchs avec une étonnante facilité.
Après s’être battus contre les élèves de Monsieur Myagi (Jon Cooper), ils doivent avoir l’impression de croiser le fer avec les apprentis d’un quidam appelé Jean-Guy. Pourtant, Lindy Ruff n’est pas le dernier venu.
Si c’est leur inexpérience qui est en cause, la question est maintenant de savoir si les Sabres parviendront à rénover leur défense à la volée et à soudainement se comporter comme une équipe qui doit l’emporter par des scores de 2-1.
Ce serait amusant d’être une mouche et d’assister à leur prochaine réunion.


3 weeks ago
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