PROTECT YOURSELF with Orgo-Life® QUANTUM TECHNOLOGY
Orgo-Life the new way to the future Advertising by Adpathway« Maîtres chez nous ». C’est ce slogan, bien connu des Québécois, qui figurera sur la page frontispice du budget fédéral 2026-2027, déposé jeudi après-midi à la Chambre des communes par le ministre des Finances, François-Philippe Champagne.
Entre un déficit qui devrait flirter avec les 60 milliards de dollars, des relations tendues avec les provinces sur l'immigration et la facture des grands projets nationaux qui s’annonce astronomique, un exercice d'équilibriste attend le ministre des Finances.
À quoi faut-il s’attendre? Radio-Canada a demandé l’éclairage de l’ancien directeur parlementaire du budget (DPB) Yves Giroux afin d’identifier cinq éléments à surveiller.
1. Peu de mesures directes pour les contribuables
Réglons d’abord une chose : il est peu probable que l’on trouve dans ce budget de grandes mesures – ou des bonbons, diraient certains – dirigées vers un segment ou l’autre de la population canadienne.
C’est que les grandes mesures sociales qui ont marqué le règne de Justin Trudeau – pensons au Régime canadien de soins dentaires ou encore au système national de garderies à 10 $ par jour – ne sont plus dans les habitudes de la maison.
Le gouvernement Carney pose davantage des gestes structurels, pour changer la structure de l’économie canadienne, avance Yves Giroux.

Yves Giroux, du temps où il était directeur parlementaire du budget à Ottawa. (Photo d'archives)
Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld
L’ancien directeur parlementaire du budget s’attend ainsi davantage à des gestes économiques que sociaux, entre autres, pour poursuivre l’entreprise de découplage de l’économie canadienne de celle de nos voisins du Sud.
Le titre du budget du ministre Champagne, « Maîtres chez nous », en donne un avant-goût, selon lui. Ça signale une intention d'affirmer la souveraineté du Canada, avance M. Giroux. Comment est-ce qu'ils vont mettre cela en œuvre? Bonne question. Je n’oserais pas une prédiction.
2. Les seuils d’immigration : vers une nouvelle prise de bec avec Québec?
Comme ce fut le cas lors du budget 2025-2026, le gouvernement fédéral entend annoncer à même son budget ses cibles en immigration pour l’année à venir, une information entre autres rapportée par La Presse canadienne.
Les provinces attendent ces quotas de pied ferme, arguant que ce sont elles qui font les frais des décisions d’Ottawa en matière d’immigration.
Mark Carney a lui-même reconnu que les seuils d’immigration, bien trop élevés selon lui, exerçaient une pression sur le logement et sur les services à la population. Il avait ainsi promis, une fois en poste, de reprendre le contrôle de l’immigration.
Or, il semblerait que ce soit désormais chose faite dans la tête du premier ministre, qui a laissé entendre en septembre dans une entrevue accordée au New York Times que le Canada pourrait entamer une hausse contrôlée de sa population.
Au Québec, une hausse des seuils pourrait être perçue comme une gifle par le nouveau premier ministre Paul St-Pierre Plamondon, qui a fait campagne, entre autres, sur une réduction du nombre d’immigrants sur le territoire de la province.
Il s’agirait là d’un nouvel aléa dans la (jeune) relation entre MM. St-Pierre Plamondon et Carney, qui se sont déjà échangé quelques politesses la semaine dernière à propos de la participation du Québec au Sommet Canada-Union européenne, organisé à Montréal.

Le premier ministre canadien Mark Carney arrive à une table ronde réunissant des chefs d'entreprise dans le cadre du 21e Sommet Canada-UE, à Montréal, le 29 octobre 2026.
Photo : Getty Images / Christopher Katsarov / AFP
Une hausse des seuils d’immigration enverrait un drôle de message, de l’avis de Yves Giroux, d’autant que le chômage est en augmentation au pays.
C’est possible qu’il [augmente les seuils], mais je ne pense pas que le temps soit nécessairement propice à ça, avec un chômage en augmentation et une économie qui est au ralenti.
3. « Simplifier la vie » des PME
François-Philippe Champagne s’est gardé de trop en dire sur ce qui pourrait se retrouver dans son budget, mais il a néanmoins laissé entendre ces derniers jours qu’il souhaitait donner un coup de pouce aux PME canadiennes.
Lors d’un événement à Toronto lundi, le ministre des Finances a tout sauf confirmé qu’une réforme fiscale était à l’horizon pour les petites et moyennes entreprises, soulignant la multitude de taxes et impôts et certaines mesures ciblées qui pouvaient s’avérer complexes.
Je crois que vous verrez dans ce budget une démarche visant à corriger plusieurs éléments afin de simplifier les choses, de simplifier la vie des petites et moyennes entreprises, a ajouté le ministre.
C'est un budget axé sur les entrepreneurs, c'est un budget pour les innovateurs, c'est un budget pour les créateurs, et ils s'y reconnaîtront.
En ce qui concerne les allégements fiscaux, la marge de manœuvre du gouvernement fédéral est limitée, avance Yves Giroux. C’est que notre fiscalité est très, très concurrentielle par rapport aux États-Unis, qui sont évidemment la base de référence, mais aussi par rapport à beaucoup de pays européens, dit-il.

Le ministre des Finances, François-Philippe Champagne, lors d'un événement organisé par le Canadian Club d'Ottawa, plus tôt cette semaine.
Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld
Autre élément qui risque de figurer dans le budget : la mégadéduction pour la productivité, annoncée en septembre, qui permet aux entreprises de déduire dès la première année la valeur totale d’un investissement admissible, plutôt que de l’étaler dans le temps. François-Philippe Champagne semble vouloir en faire un élément pivot pour propulser l’économie canadienne.
Mais cette mesure n’est pas gratuite, ni pour Ottawa ni pour les provinces. Il y a quelques jours, le nouveau ministre des Finances du Québec, Nicolas Marceau, confiait à La Presse que la mégadéduction, annoncée sans consultation préalable, pourrait creuser un trou d’un milliard de dollars dans le budget de la province.
4. La taille du déficit… et de la dette
Le budget Champagne sera, sans surprise, déficitaire. Il faudra toutefois surveiller l’ampleur de ce déficit – qui pourrait être d’un peu plus de 60 milliards $ – et, surtout, son impact sur la dette canadienne.
Déjà, l’actuelle directrice parlementaire du budget a prévenu que le gouvernement fédéral n’atteindra pas son objectif de maintenir une tendance à la baisse du ratio déficit/PIB. Au contraire, on s’attend à ce que ce ratio augmente en 2027-2028 et en 2029-2030.
Mark Carney et son ministre des Finances aiment répéter que le Canada est premier de classe parmi les pays du G7 en ce qui a trait au ratio dette/PIB. Il y a du vrai dans cette affirmation, qui masque cependant le fait que plusieurs autres membres du G7 ne sont pas exactement des exemples reluisants d’économies en plein essor.
On est un peu la chemise la moins sale du bac de linge sale.
Malgré tout, la situation budgétaire du pays demeure gérable, selon M. Giroux. Le gouvernement, comme on disait tantôt, semble à l'aise avec un déficit de 1,5 à 2 % [du PIB], puis avec une dette qui se stabilise ou qui augmente, analyse-t-il.
Dans ces conditions-là, un événement économique incontrôlable, imprévu, ou encore un assaut beaucoup plus agressif de l'administration américaine contre le Canada pourrait faire en sorte que le déficit augmenterait, puis là, la trajectoire de la dette augmenterait, prévient-il. Disons qu’on ne se construit pas de coussin.
5. Les grands projets (et qui paiera)
Les économistes l’ont relevé : le gouvernement Carney a multiplié les annonces depuis sa dernière mise à jour économique, au printemps dernier.
Pensons aux investissements dans le projet de Churchill Falls, dans le nouveau pipeline entre l’Alberta et la Colombie-Britannique, dans les nouvelles voitures de trains passagers pour VIA Rail, dans l’intelligence artificielle ou encore dans les rénovations écoénergétiques : des milliards de dollars qui n’ont toujours pas été ajoutés aux colonnes de chiffres officiels.
Beaucoup de projets, beaucoup d’argent, mais peu d’informations sur la façon dont seront répartis les coûts entre les différents ordres de gouvernements et les éventuels partenaires privés.

De gauche à droite, Scott Burrows, pdg de Pembina Pipeline Corp., Danielle Smith, la première ministre de l’Alberta, et le premier ministre Mark Carney, à Fort McMurray, le jeudi 1er octobre 2026.
Photo : La Presse canadienne / Greg Halinda
Le budget Champagne pourrait donc offrir un aperçu du plan du gouvernement à ce sujet.
Ajoutons à cela que Mark Carney s’est engagé à plus que doubler les dépenses militaires du Canada d’ici 2035, afin d’atteindre les nouvelles cibles fixées par l’OTAN, une décision qui devrait mener à une augmentation du déficit budgétaire de 63 milliards de dollars en 10 ans.
Mais les projections d’Ottawa demeurent nébuleuses, le gouvernement n’ayant pas publié de données probantes à ce sujet, une situation dénoncée par le directeur parlementaire du budget en février dernier.


5 hours ago
4
























English (US) ·
French (CA) ·
French (FR) ·