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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayFrançois Legault n’est plus premier ministre. Christine Fréchette a été assermentée mercredi après-midi lors d’une cérémonie organisée dans l’agora de l’Assemblée nationale en présence de 200 dignitaires, dont son prédécesseur, ainsi que la lieutenante-gouverneure, Manon Jeannotte. Elle devient ainsi la 33e première ministre du Québec.
Âgée de 55 ans, Christine Fréchette est la première représentante de la génération X à prendre les rênes du gouvernement. Dans son allocution, Mme Fréchette a d’ailleurs dit voir beaucoup de parallèles entre les jeunes d’aujourd’hui et ceux qui, comme elle, sont nés dans les années 1970.
Leurs situations sont comparables, a-t-elle dit : la guerre au Moyen-Orient a remplacé la guerre du Golfe; l’inflation, aujourd’hui, est tout aussi élevée qu’à l’époque; et les jeunes, comme à la fin du siècle dernier, ont de la misère à trouver un emploi et à devenir propriétaires.
Pour eux, Mme Fréchette a dit vouloir montrer la voie à suivre. S'il y a une raison pour laquelle je me suis lancée en politique, c’est parce que je veux redonner confiance en l’avenir, a-t-elle dit. Parce que je veux avancer. Parce que je ne veux plus jamais qu’une génération ait le sentiment d’avoir été sacrifiée.
Christine Fréchette est la deuxième femme à accéder à la fonction de première ministre du Québec, après Pauline Marois, qui a dirigé un gouvernement minoritaire du Parti québécois (PQ) de 2012 à 2014.
En entrevue à Radio-Canada, mercredi, cette dernière s'est réjouie de voir Mme Fréchette marcher dans ses pas, malgré leurs divergences politiques.
Chaque fois qu'une femme accède à un tel niveau de responsabilité et exerce un tel leadership, c'est un message très positif qu'on envoie aux femmes, a-t-elle fait valoir, ajoutant : Aux jeunes femmes, en particulier.
Un caucus à raccommoder
Christine Fréchette est officiellement devenue première ministre trois jours après son élection, dimanche, à la direction de la Coalition avenir Québec (CAQ).
Elle a battu son seul adversaire, Bernard Drainville, par un peu plus de 15 points de pourcentage (57,9 % contre 42,1 %) après une course au terme de laquelle les candidats se sont réconciliés, du moins en apparence. La formation du Conseil des ministres, la semaine prochaine, donnera la pleine mesure de cette normalisation.
Mme Fréchette devait entre-temps rencontrer son caucus pour la première fois mercredi soir, les députés de la CAQ ayant été convoqués en vue de la reprise des travaux, le 5 mai – l’occasion, aussi, de rapprocher les deux clans, alors que 41 élus avaient pris position pour Mme Fréchette, contre 20 pour son adversaire.
La tâche pourrait toutefois être plus facile à dire qu’à faire. Interrogé sur le sujet à son arrivée à la cérémonie d’assermentation, mercredi, Bernard Drainville a laissé entendre que certains membres de son équipe n'avaient pas encore digéré le revers de dimanche.
Il y en a beaucoup qui se sont ralliés, et j’ai confiance que les autres sont en train de se rallier, a-t-il dit, estimant que le processus, selon lui, serait complété dans quelques jours.

Bernard Drainville a une fois de plus félicité Christine Fréchette, mercredi, lorsqu'il l'a croisé dans l'agora de l'Assemblée nationale.
Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel
Prenant la parole en public pour la première fois depuis sa défaite en marge d’une annonce organisée en matinée dans sa circonscription de Lévis, Bernard Drainville a dit s’être lui-même remis de ses émotions.
Questionné par la presse, le candidat malheureux de la course à la chefferie a confirmé qu’il soutenait la gagnante et que, malgré sa défaite, il entendait bel et bien se représenter aux prochaines élections sous la bannière de la CAQ.
M. Drainville – qui a notamment été ministre de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs avant de se lancer dans la course à la chefferie – a aussi dit qu'il attendait avec « fébrilité » l’appel de Mme Fréchette au sujet de la place qui lui sera réservée dans le prochain Cabinet.

9:42
Deux jours après sa défaite, Bernard Drainville s’est adressé aux médias et a salué « la main tendue » de Christine Fréchette. Est-ce que ce sera suffisant pour maintenir l’unité du parti? L’analyse de Jonathan Valois, Michelle Courchesne, Dimitri Soudas et Françoise Boivin à l’émission Mordus de politique, animée par Sébastien Bovet.
Des promesses à mettre en œuvre
Depuis sa victoire, Christine Fréchette martèle que sa priorité à très court terme sera d'aider les Québécois étouffés par la hausse du coût de la vie. Elle a notamment promis d'agir sur le panier d'épicerie, l'essence et les droits de mutation immobilière (communément appelés taxe de bienvenue).
On s'attend d'ailleurs à ce que la nouvelle première ministre annonce dans les prochains jours qu'elle donne suite à sa promesse de « détaxer un certain nombre de produits de consommation courante ».
Selon certains médias, Mme Fréchette pourrait même imiter son homologue canadien, Mark Carney, et agir sur le prix de l'essence, même si l'option, évoquée pendant la course à la direction, avait été balayée du revers de la main par les deux candidats.
Jointes par Radio-Canada, des sources proches de la première ministre ont confirmé que la question avait été discutée mercredi entre Mme Fréchette et le grand argentier du gouvernement, Eric Girard, qui a reçu le mandat de lui fournir différents scénarios.
L'idée, a-t-on expliqué, serait de faire en sorte de réduire la pression sur le coût de la vie et de s'assurer qu'une baisse de taxe ne donnerait pas l'occasion à l'industrie de maintenir ses prix et ainsi d'augmenter ses profits.
Troisième lien : le tracé central officiellement abandonné
Comme c'est prévu par la loi, Christine Fréchette est, par ailleurs, devenue mairesse honoraire de la Vieille Capitale, mercredi matin, après avoir été reçue à l’hôtel de ville par Bruno Marchand.
Mme Fréchette en a notamment profité pour confirmer que son gouvernement prônera dorénavant un troisième lien à l'est « en collaboration avec le privé », comme elle l’avait promis pendant la course à la chefferie, laissant même entendre qu'un appel à propositions pourrait être lancé dès les prochaines semaines.
Le tracé actuel, que défendait Bernard Drainville, sera donc abandonné.
En tête-à-tête, la nouvelle première ministre et le maire de Québec ont également discuté du projet du tramway, dont le financement n'est pas encore bouclé en raison de l'absence d'une entente entre Québec et le fédéral.
À sa sortie de la réunion, M. Marchand a dit espérer que la question se réglera dans les prochaines semaines, les prochains mois.
Pas (encore) d'effet sur les sondages
Élue en 2022 dans la circonscription de Sanguinet, sur la Rive-Sud, Christine Fréchette a été titulaire du ministère de l'Immigration, de la Francisation et de l'Intégration dans le Cabinet Legault avant de se voir attribuer celui de l'Économie, de l'Innovation et de l'Énergie après la démission de Pierre Fitzgibbon, en septembre 2024.
Elle fait maintenant face à un défi de taille : faire remonter la CAQ dans les sondages, alors qu'elle est toujours loin derrière le Parti libéral du Québec (PLQ) et le Parti québécois (PQ), en vue des prochaines élections, qui auront lieu au plus tard le 5 octobre.
Une enquête Pallas réalisée entre son élection à la tête du parti, dimanche, et son assermentation, mercredi, indique qu'il n'y a pas encore d'effet Fréchette.
Le sondage, dont les résultats ont été publiés mercredi, indique que la CAQ se maintient à 14 % des intentions de vote, contre 32 % pour le PLQ, en hausse de 5 points; 29 % pour le PQ, en baisse de 1 point; 14 % pour le Parti conservateur d'Éric Duhaime, en baisse de 2 points; et 11 % pour Québec solidaire, en hausse de 1 point.

2:12
Le reportage de Sébastien Desrosiers
Avec les informations de La Presse canadienne


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