PROTECT YOURSELF with Orgo-Life® QUANTUM TECHNOLOGY
Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayOn dit souvent qu’une passion peut être tatouée sur le cœur. Ces Franco-Ontariens, eux, l’ont plutôt tatouée sur la peau.
Ce 25 septembre, Journée des Franco-Ontariens et Franco-Ontariennes, sept francophones du Nord nous racontent pourquoi ils ont choisi d'immortaliser leur culture.
Un coup de tête de jeunesse
Stef Paquette avait 16 ans lorsqu’il s’est retrouvé pour la première fois dans une chaise de tatouage à Sudbury.
À l’époque, il faisait partie de JeunEsprit, un groupe d’humour franco-ontarien qui produisait des capsules pour l’émission Imagine, sur la chaîne télévisuelle TVOntario.
Il fallait trouver une idée pour une prochaine capsule, rapidement. C’est Stef lui-même qui lance l’idée : De la marde, les gars, je vais me faire un tatouage.

L’artiste franco-ontarien Stef Paquette a fait son tatouage à l'âge de 16 ans. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / La Billetterie
On a trouvé un gars qui s'appelle Spyder, avec un Y, raconte celui qui fait maintenant partie du trio Les Bilinguish Boys. Parce que, pour ton premier tatouage, tu veux clairement que ça soit avec un gars qui s’appelle Spyder!
Il lui tatoue une fleur de lys verte sur la poitrine. Elle est encore là aujourd’hui, près de 40 ans plus tard.
C’était bien avant qu’on déclare Notre Place comme chanson officielle et que le 25 septembre devienne la journée des Franco-Ontariens et Franco-Ontariennes.
Depuis, son petit tatouage, qui porte pourtant une grande signification, voyage avec lui dans ses tournées à travers la francophonie canadienne.

Malgré l’impulsivité de sa décision et son tatoueur un peu nébuleux, pas de regrets pour Stef Paquette.
Photo : Fournie par Stef Paquette
Pas un choix improvisé
Le tatouage de Christine St-Pierre, lui, a été un peu plus réfléchi.
Cette Franco-Ontarienne originaire de Windsor avait elle aussi 16 ans lorsqu’elle a décidé de se tatouer son identité sur la cheville.

Christine St-Pierre habite dans le Nord de l'Ontario depuis bientôt 10 ans.
Photo : Radio-Canada / Gabrielle Poulin
Dans son environnement majoritairement anglophone, elle trouvait important de s’afficher comme francophone.
Mes parents ont accepté en disant : "Eh, tu sais quoi? Ça pourrait être pire!", rigole-t-elle. Mais tout le monde pensait que j'étais Québécoise.
Deux ans plus tard, à 18 ans, elle ajoute un trille à son lys, question de rectifier le tir.
Pour celle qui a habité un peu partout à travers l'Ontario, du Sud à l'Est et maintenant jusqu'au Nord, son tatouage est ainsi devenu une façon de raconter son parcours.
Ça me donne l’opportunité de partager ma culture avec les autres.

Les tatouages de Christine St-Pierre font partie d'elle depuis plus d'une décennie.
Photo : Radio-Canada / Nick Mongeon
Enraciné dans sa culture
Sous son costume aux couleurs vertes et blanches, Guy Harrold, alias Capitaine Franco, cache des symboles de son héritage familial, encrés sur sa poitrine.

À Iroquois Falls, Guy Harrold est aussi connu sous le nom de Capitaine Franco.
Photo : Radio-Canada / Jimmy Chabot
À l’aube de sa cinquantaine, l’enseignant basé à Iroquois Falls s’est procuré son tout premier tatouage.
Alimenté par sa passion des drapeaux, ce n'était pas un choix difficile pour lui.
J'ai décidé que, si j'allais m'en faire un, ça serait le drapeau franco-ontarien qui représente mes deux grandes passions : la francophonie ontarienne et ma collection de drapeaux, explique-t-il.

Guy Harrold s'est donné en cadeau son premier tatouage pour ses 50 ans.
Photo : Fournie par Guy Harrold
Guy s’est ensuite porté volontaire pour une seconde visite avec l’aiguille. Sa deuxième pièce raconte son héritage écossais, tout en rappelant ses racines franco-ontariennes.
D'après moi, ça représente très bien ce qu'on est comme Franco-Ontariens et Franco-Ontariennes, précise-t-il.
On est pas seulement des francophones. On est des francophiles, des gens qui ont appris le français.

Guy Harrold n'a pas un, mais bien deux tatouages franco-ontariens.
Photo : Fournie par Guy Harrold
Une francophonie assumée
À Cochrane, Lori Ratté, elle aussi enseignante, ne cache pas son identité franco-ontarienne.
Au contraire, elle l’affiche à plusieurs égards. Sur son Jeep Franco, avec sa compagnie de marchandise Franco Swag, et, sans oublier, à travers ses deux tatouages franco-ontariens.
Pourquoi pas!, répond-elle lorsque on lui demande pourquoi elle a choisi de se tatouer sa francophonie. C'est moi. Ça fait partie de moi.
Toute ma vie est orientée autour de cette identité.

Lori Ratté et son Jeep Franco.
Photo : Radio-Canada / Jimmy Chabot
Ses tatouages attirent les regards et les questions, mais, surtout, servent de point de départ pour parler d'un sujet qui la passionne en tant qu'éducatrice : l'insécurité linguistique.
Utilise-le ton accent. C'est de même qu'on sait d'où tu viens, soutient-elle. Juste dis-le à ta façon, puis who cares pour le reste.
Un rappel quotidien
Le tatouage de Marie-Pierre Héroux est né d'un moment de remise en question.
Originaire de New Liskeard, mais ayant grandi à Embrun, elle se considère autant une fille du Nord que de l’Est.
J’ai grandi dans un milieu très francophone. J’ai toujours pensé que c’était comme ça un peu partout en Ontario, raconte-t-elle.

Marie-Pierre Héroux a choisi de compléter ses études dans le nord de la province.
Photo : Fournie par Marie-Pierre Héroux
À son arrivée à Sudbury pour ses études à l’Université Laurentienne, elle réalise rapidement que la réalité francophone est plus difficile dans certaines communautés.
Elle s’est même surprise à penser: Ce serait tellement plus simple si je n’étais pas francophone.
C’est là que j’ai réalisé : C’est ça être Franco-Ontarien. C’est faire le choix de vivre en français.
De là nait son tatouage, qu’elle a fait symboliquement à Sudbury et qu'elle a porté fièrement lors des manifestions du jeudi noir en 2018.

Marie-Pierre Héroux milite encore aujourd'hui pour les droits des francophones en situation minoritaire.
Photo : Fournie par Marie-Pierre Héroux
Encrer sa double identité
Selon Tammy desOrmeaux, qui œuvre en éducation autochtone à North Bay, un tatouage doit incarner son identité pendant l’ensemble de sa vie.
Franco-Ontarienne et membre de la Première Nation Dokis, elle porte les symboles de sa dualité culturelle sur son dos.
Je suis autochtone, Anishinaabe, je fais partie de la Nation de Dokis et je suis francophone.

Tammy desOrmeaux est conseillère pédagogique en éducation autochtone et en construction identitaire au Conseil scolaire catholique Franco-Nord.
Photo : Fournie par Tammy desOrmeaux
C’est lors d’une performance du spectacle l’Écho d’un peuple à North Bay qu’elle décide de représenter son hybridité en encre.
J'étais excitée d'être à la prestation, mais j'étais doublement excitée d'avoir trouvé l'idée de mon tatouage, se souvient-elle.
Réalisé en 2012, l'œuvre accompagne aussi son propre cheminement vers la découverte de sa culture autochtone.
Reste encore à le compléter avec les couleurs représentant ses filles, dans les plumes qu'elles leurs a léguées.

Le tatouage de Tammy desOrmeaux représente à la fois son identité franco-ontarienne et son identité anishinaabe.
Photo : Fournie par Tammy desOrmeaux
Pas les couleurs, plutôt les mots
Valérie Legrand, originaire de North Bay, a choisi une façon plus subtile d’afficher son identité franco-ontarienne.
Pas de drapeau, pas de couleurs, seulement trois mots : Aujourd’hui et demain.
Une phrase tirée de la chanson Mon beau drapeau, qui lui rappelle qui elle est et à quelle communauté elle appartient.
Être Franco-Ontarien, c'est se réveiller chaque matin et décider de vivre sa culture, de vivre sa fierté, d'afficher ses couleurs.

Valérie Legrand est agente de communications à la Fédération de la jeunesse franco-ontarienne, la FESFO.
Photo : Fournie par Valérie Legrand
Son tatouage lui permet de le faire sans nécessairement attirer l’attention. Ceux qui reconnaissent la phrase reconnaissent en même temps l’identité de celle qui la porte.
C’est comme un "si tu le sais, tu le sais", rigole la jeune femme de 26 ans.
Celle qui travaille auprès de la jeunesse franco-ontarienne l’utilise aujourd'hui (et demain) comme un outil de transmission pour la prochaine génération.

Valérie Legrand a fait son tatouage franco-ontarien en 2022.
Photo : Fournie par Valérie Legrand
Ce ne sont que quelques-uns des Franco-Ontariens qui ont choisi de se tatouer leur identité de façon permanente.
Partout à travers la province, ils sont plusieurs à vivre avec leur culture sur la peau :


1 hour ago
2























English (US) ·
French (CA) ·
French (FR) ·