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Campagne de Pablo Rodriguez : la députée Sona Lakhoyan Olivier blâmée

4 weeks ago 18

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L'ex-députée libérale de Chomedey, Sona Lakhoyan Olivier, a bel et bien utilisé les ressources de son bureau de circonscription à des fins partisanes lors de la course à la chefferie du Parti libéral du Québec (PLQ), conclut la commissaire à l'éthique.

Dans son rapport tout juste publié concernant la campagne de Pablo Rodriguez à la direction du PLQ, Ariane Mignolet recommande l'imposition d'une pénalité de 8000 $.

La preuve démontre que les locaux du bureau de circonscription et la masse salariale des membres du personnel ont été utilisés à des fins partisanes entre les mois d’avril et de juin 2025, et de manière accrue à deux moments charnières de la course, indique la commissaire à l'éthique dans le sommaire de son rapport d'enquête.

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La commissaire précise que le bureau de la députée est devenu le quartier général des activités partisanes réalisées par l'association locale du Parti libéral du Québec. Cette utilisation a été permise et encouragée par les actions et les propos de la députée, note-t-on.

La sœur de la députée, alors présidente par intérim du comité exécutif de l’Association libérale de Chomedey, y était présente en compagnie de bénévoles très fréquemment, voire quotidiennement, lors des périodes d’opérations intensives, afin d’y effectuer des activités partisanes, devenues prioritaires et pour lesquelles les membres du personnel de la députée ont dû s'affairer.

Les conséquences de cette utilisation ont été nombreuses : présence répétée de bénévoles au bureau de circonscription; risques quant à la préservation de la confidentialité des renseignements de citoyennes et citoyens; mauvais climat et mauvaises conditions de travail en raison de la pression exercée par la Députée et sa sœur; et confusion quant au rôle exercé par la Députée et les membres de son personnel, note le sommaire du rapport.

Entrave

La commissaire à l'éthique ajoute que la députée a également activement entravé son travail. Selon l'enquête, Mme Lakhoyan Olivier a tenté d'influencer le témoignage éventuel des membres de son personnel.

Non seulement la députée n’a pas préservé la confidentialité de l’enquête malgré les avertissements qui lui avaient été adressés, mais elle a aussi posé, lors de ces discussions, une série de questions rhétoriques auxquelles elle répondait elle-même, afin de convaincre les membres de son personnel du bien-fondé de sa version des faits et de dicter leurs éventuelles réponses aux questions [de la] Commissaire, peut-on lire dans le sommaire du rapport.

L'enquête démontre aussi que Mme Lakhoyan Olivier a posé des gestes qui ont eu pour effet de soustraire des éléments de preuve à l’attention [de la] Commissaire, en modifiant notamment des paramètres de confidentialité d'un canal de discussion regroupant des membres de son personnel.

La commissaire note aussi dans son rapport que la majorité des membres de l'Assemblée nationale, dont Mme Lakhoyan Olivier, n’ont pas suivi de formation en matière d’éthique et de déontologie malgré ses efforts soutenus de sensibilisation.

Me Mignolet recommande donc de rendre obligatoires ces formations.

Réactions politiques

Par voie de communiqué, le chef du PLQ, Charles Milliard, a qualifié les faits présentés dans le rapport de sérieux et préoccupants.

Les gestes posés sont incompatibles avec les valeurs et les standards que nous nous imposons. C’est tolérance zéro. [Mme Lakhoyan Olivier] ne sera donc pas candidate pour le parti lors de la prochaine élection générale, écrit le chef dans son communiqué.

À l'Assemblée nationale, le chef parlementaire du PLQ, André Fortin, s'est contenté d'appuyer pleinement [son chef]. Il a pris la bonne décision et n'a pas répondu aux questions à savoir si la députée devait conserver son siège.

Le vice-premier ministre, Ian Lafrenière, a aussi réagi succinctement : C’est choquant. Pour le reste, je vais la laisser prendre sa décision.

Les oppositions péquistes et solidaires ont toutes les deux décrié les conclusions jugées troublantes du rapport.

C'est très grave, insiste le député d'Arthabaska, Alex Boissoneault, en rappelant que c’est la première fois depuis 2010 qu'un élu de l’Assemblée nationale écope d’une amende de la sorte.

Ça vient confirmer ce qu’on dit au PQ : à savoir que le ménage n’a pas été fait au Parti libéral, que c’est un parti où il n’y a pas encore de réflexe éthique. C’est une culture organisationnelle qui est encore très marquée par la corruption, juge-t-il.

Ruba Ghazal, co-porte-parole de Québec solidaire, fait le même diagnostic.

Mme Lakhoyan, c’est le symptôme, mais le syndrome, c’est la culture de la corruption au Parti libéral du Québec, soutient-elle. J'ai beaucoup de questions pour le chef du PLQ. Est-ce qu’il y a d’autres cas dans le parti? C’est à lui de répondre.

Parmi ces réactions, la députée de Mercier a été la seule à exiger la démission de Mme Lakhoyan Olivier. Elle n’est pas digne de la fonction de députée, affirme-t-elle.

Exclue du caucus en décembre

La députée de Chomedey a été exclue du caucus libéral en décembre 2025 à la suite de la tempête qui a finalement emporté l'ancien chef libéral Pablo Rodriguez. Deux jours auparavant, celui-ci expulsait la députée de Saint-Laurent, Marwah Rizqy, du caucus libéral.

Selon des sources au sein du PLQ, la députée indépendante laissait entendre à ses collègues, pas plus tard que la semaine dernière, qu'elle souhaitait revenir au caucus.

À la suite de son exclusion, Mme Lakhoyan Olivier avait pourtant assuré qu'elle collaborerait pleinement à l'enquête.

Son nom, de même que celui de la députée caquiste Alice Abou-Khalil, avait été évoqué par la station 98,5 du réseau Cogeco Média après la publication d'une enquête par Le Journal de Montréal.

Celle-ci faisait état de textos troublants qui laissaient entendre que des personnes avaient été récompensées financièrement pour appuyer Pablo Rodriguez pendant la course à la chefferie du PLQ, ce que les deux femmes ont toujours nié.

Par ailleurs, Mme Lakhoyan Olivier a déposé une motion jeudi matin à l'Assemblée nationale mentionnant que certaines procédures entourant les enquêtes déontologiques gagneraient à être modernisées afin d'assurer un meilleur équilibre entre la protection du public, l'équité procédurale et le respect des personnes visées.

La motion propose une série d'améliorations au fonctionnement du Commissariat à l'éthique, notamment un mécanisme de préavis confidentiel avant toute annonce publique d'ouverture d'enquête ou encore la clarification des règles entourant l'utilisation des ressources, des locaux et du matériel parlementaire, notamment en ce qui concerne les activités partisanes, les bénévoles et l'utilisation des bureaux en dehors des heures de travail.

La motion n'a pas obtenu le consentement des élus de l'Assemblée nationale pour être débattue, le leader de l'opposition officielle, le libéral Marc Tanguay, s'y opposant.

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