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Orgo-Life the new way to the future Advertising by Adpathway« Tout est sur la table. » « Il faut faire les choses autrement. » Ces phrases sont prononcées depuis des mois sans relâche par des représentants du gouvernement du Nouveau-Brunswick pour évoquer le prochain budget, synonyme selon Fredericton de « décisions difficiles » et de possibles compressions.
Ce budget doit être présenté mardi.
Rappelons que le budget de mars 2025, le premier du gouvernement de Susan Holt, était déficitaire d’environ 550 millions de dollars, et ce, malgré sa promesse électorale de ne présenter que des budgets équilibrés.
Alors que cette année financière n’est pas terminée, le déficit prévu pointe à plus de 1,3 milliards de dollars, un chiffre sans précédent pour la province.
À l'aube de la présentation du second budget de ce gouvernement, des organismes présentent une seule et même demande : éviter que des réductions budgétaires touchent leur domaine.
C’est certain qu’on craint toute coupure en éducation parce que ça aura un impact sur nos élèves, souligne Éric Godin, président de l’Association des enseignants et enseignantes francophones du Nouveau-Brunswick, en faisant référence entre autres aux écoles de 100 élèves et moins que Fredericton a évoqué de fermer pour économiser.

Éric Godin, le président de l'Association des enseignants et enseignantes francophones du Nouveau-Brunswick. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Alix Villeneuve
Je vous rappelle qu’au niveau de l’éducation, on a déjà fait des coupures l’année dernière. On fait beaucoup avec les ressources disponibles dans nos écoles, mais c'est évident que l’éducation, c’est un investissement dans la province, donc c’est important qu’on reflète ça dans le budget, poursuit-il, en faisant référence à l’exercice de compressions imposé aux districts scolaires à la fin de la dernière année scolaire.
Si le budget doit être déficitaire pour assurer que l’éducation ne subisse pas de compressions, il ne s’y oppose pas.
Richard Losier, le directeur général de l’Association des foyers de soins du Nouveau-Brunswick, est sensiblement du même avis en ce qui a trait au ministère qui le concerne le plus, celui du Développement social.
On a pas le choix de penser comme ça. Je suis un individu qui n'aime pas les déficits. Toutefois, des fois, il faut donner ce que les gens méritent, puis nos aînés méritent beaucoup mieux que ce qu’ils ont tout de suite, dit celui qui a été brièvement député libéral avant l’élection qui a porté ce parti au pouvoir.

Richard Losier.
Photo : Radio-Canada / Frédéric Cammarano
Richard Losier n’est pas opposé à une réorganisation pour améliorer l'efficacité des soins de longue durée et réaliser certaines économies, comme proposé par Fredericton dans de nombreux domaines. Il croit néanmoins que le secteur ne dispose pas de suffisamment de ressources pour espérer profiter d’un tel réarrangement.
Il trouve aussi dommage que le plan de soins de longue durée du gouvernement provincial ne verra pas le jour avant la présentation du budget, bien que sa présentation ait été annoncée à quelques reprises au cours des derniers mois.
On s’attendait à ce que le plan soit déjà distribué. On s'attendait à ce que le budget soit fait en conséquence. Ça fait que là on va recevoir un budget avant le plan. Ça fait que le plan qu’on a travaillé dessus est-il le même?, s’interroge Richard Losier, dont l’association a participé à certaines réunions au sujet de ce plan.
Éviter des compressions, des conséquences
Les organismes et associations approchés lundi se croisent les doigts et espèrent que les compressions ne les concerneront pas.
Certains toutefois ont décidé de ne pas attendre la présentation du budget pour manifester. C’est le cas de la Fédération étudiante du campus universitaire de Moncton, ainsi que de ses homologues dans les universités et collèges publics de la province.
Étudiants, professeurs et employés des établissements comptent se rendre devant l’édifice de l'Assemblée législative.
Un document de discussion qui a fuité présentait différentes options de compressions dans les établissements postsecondaires de la province, y compris des fusions et une réduction de la subvention publique de 10 %.

Emma Raphaelle est présidente de la Fédération étudiante du campus universitaire de Moncton. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Katherina Boucher
Moi, je peux vous le dire ce qui va se passer si on coupe 10 % dans ma subvention universitaire, donc j’espère que son équipe [celle de la première ministre Susan Holt] va être prête à nous écouter et à comprendre les effets de leurs actions, dit la présidente de la FÉCUM, Emma Raphaelle.
Elle dit avoir rencontré la première ministre et le ministre de l’Éducation postsecondaire la semaine dernière, mais elle a peu d'espoir qu’une discussion aussi près de la présentation du budget puisse avoir un effet important.
Jean-Claude Basque de la Coalition pour la santé du Nouveau-Brunswick espère lui aussi que les compressions ne toucheront pas son domaine, et surtout qu’il ne sera pas question de rationalisation des services, évoquée comme possibilité par Fredericton.

Jean-Claude Basque
Photo : Radio-Canada / Frédéric Cammarano
Le danger quand on parle de rationalisation des services, souvent, c’est ça que ça veut dire, on parle de coupures, dit-il. Il y a une crise dans le système de santé et c'est pas en faisant des coupures qu’on va régler la crise.
De son côté, Louis-Philippe Gauthier, de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante, espère que les petites et moyennes entreprises seront épargnées, mais il ne s’attend pas à avoir de réponse définitive mardi.
Ce qui l’inquiète le plus, c’est une réforme de l’impôt foncier, qui pourrait nuire aux entreprises, selon lui.

Louis-Philippe Gauthier
Photo : Radio-Canada / Frédéric Cammarano
On n'a pas vraiment d’indication de ce que le gouvernement va faire à part les promesses qu’ils ont faites durant l’élection. Alors, il va vraiment falloir porter attention à ce que le gouvernement va mettre de l’avant comme projet de loi, dit-il.
Cette réforme de l’impôt foncier fait partie des propositions soumises à la population par Fredericton.
Déficit ou pas?
Pour le chef par intérim du Parti progressiste-conservateur, Glen Savoie, le gouvernement doit déposer des budgets équilibrés comme il l’a promis en campagne électorale.
Est-ce que j'ai confiance dans ce gouvernement ? Pas du tout., dit-il. On est en déficit de plus d’un milliard de dollars. C’est de la folie.

Glen Savoie, chef par intérim du Parti progressiste-conservateur. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Alix Villeneuve
Glen Savoie estime que le gouvernement actuel a fait un mauvais exercice de gestion financière et ce ne devrait pas être aux Néo-Brunswickois d’en payer le prix, par une réduction de la fonction publique ou par des compressions dans l’éducation postsecondaire, par exemple.
Sa solution pour économiser : éliminer les voyages de la première ministre en Ontario et en Inde. Cependant, le montant de ces voyages est inférieur aux ambitions d’économies annoncées par le gouvernement Holt.

David Coon est le chef du Parti vert du Nouveau-Brunswick.
Photo : Radio-Canada / Pascal Raiche-Nogue
De son côté, David Coon, le chef du Parti vert, n’est pas opposé à ce que le prochain budget présente un déficit.
C’est le plan financier à moyen terme qui est important, selon lui. Ce qui l’est encore plus à son avis, ce sont les investissements dans la population néo-brunswickoise.
Il y a beaucoup, beaucoup, beaucoup d’exigences aujourd’hui, parce que dans le passé, dans l’administration de Blaine Higgs, tout le revenu a été dépensé sur la dette, pas afin de faire un investissement pour l’avenir des gens du Nouveau-Brunswick, dit-il.
La première ministre du Nouveau-Brunswick, Susan Holt, a pour sa part brièvement évoqué les compressions dans sa vidéo hebdomadaire sur l'horaire de sa semaine.

Susan Holt dans sa vidéo sur l'horaire de sa semaine
Photo : Facebook/Susan Holt
Ce budget est entièrement axé sur les priorités qui comptent pour les Néo-Brunswickois : des soins de santé accessibles, un système d’éducation solide, des mesures visant à rendre la vie plus abordable, tout en stimulant notre économie, ainsi que la prise de décisions difficiles pour en assurer la viabilité, dit-elle.


2 months ago
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