PROTECT YOURSELF with Orgo-Life® QUANTUM TECHNOLOGY
Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayDepuis le coup d'État de 1953 jusqu'à la guerre de 2026 en passant par la crise des otages de 1979, l'Iran et les États-Unis d’Amérique ont connu trois crises majeures qui ont façonné leurs relations tumultueuses. Retour en arrière.
En 1951, le shah Mohammad Reza Pahlavi nomme Mohammad Mossadegh comme premier ministre. Ce dernier jouit d’un fort soutien du Parlement et de la population.
À cette époque, les Britanniques détiennent la totalité du pétrole iranien grâce à des concessions accordées par les rois de la dynastie des Qajar, au début du 20e siècle.
Cependant, les Iraniens ne profitent pas de cette richesse. À titre d'exemple, l'Anglo-Iranian Oil Company engendre 40 millions de livres sterling (près de 75 millions de dollars canadiens) de profit en 1947, mais seulement 7 millions sont reversés à l’Iran.
Quand Mohammad Mossadegh devient premier ministre, il n’a qu’une seule idée en tête : nationaliser l’entreprise de pétrole, détenue par les Britanniques.
La nationalisation de l’Anglo-Iranian Oil Company (ancêtre de British Petroleum, ou BP) provoque une crise majeure entre les deux pays, au point où leurs relations diplomatiques sont rompues.
La Grande-Bretagne décrète un embargo contre l’Iran, gèle ses avoirs et entame une action en justice ainsi qu'auprès du Conseil de sécurité de l’ONU.
Le coup d’État de 1953

Le premier ministre iranien Mohammad Mossadegh lors de son procès en 1953. (Photo d'archives)
Photo : Getty Images / AFP / STF
Les Britanniques, qui, à partir de 1951, veulent renverser Mohammad Mossadegh convainquent les Américains de s’associer à un coup d’État contre le premier ministre iranien.
Le président américain Dwight Eisenhower et le premier ministre britannique Winston Churchill se mettent d’accord pour mettre en œuvre le plan concocté par le MI6 et la CIA.
L’opération qui mènera au coup d’État est baptisée AJAX.
Le modus operandi est le suivant : la CIA recrute un général, Fazlollah Zahedi, qui mettra à exécution l’opération. Le renversement de Mohammad Mossadegh est précédé d’une immense campagne de propagande médiatique et de manifestations violentes dans le pays. Ces troubles sont menés par des malfrats, recrutés et payés par les services secrets américains et britanniques, qui sont chargés d’exciter les foules et de s’adonner à des actes de vandalisme.
La CIA alloue un budget d’un million de dollars américains pour mettre en œuvre l’opération AJAX.
Mohammad Mossadegh est arrêté, inculpé de haute trahison, jugé et condamné à mort. Il sera finalement emprisonné pendant trois ans en vertu d’un pardon royal. Il sera ensuite assigné à résidence jusqu’à sa mort, en 1967, à l’âge de 84 ans.
Les Américains et les Britanniques justifieront le coup d’État par leur crainte de voir l’Iran basculer dans le camp soviétique. La doctrine nationaliste de Mohammad Mossadegh et la présence d’un influent parti communiste (Tudeh) auront convaincu Washington et Londres qu’il était dans leur intérêt d’installer dans ce pays un gouvernement qui leur serait favorable.
En 2000, la secrétaire d’État américaine Madeleine Albright a reconnu la responsabilité de la CIA dans le coup d’État contre Mohammad Mossadegh.
Le premier affrontement entre le shah et Khomeini

Le shah d'Iran Mohammad Reza Pahlavi et son épouse, Farah Diba (à gauche), et le président français Valérie Giscard d'Estaing et son épouse, Anne-Aymone, lors d'une réception à Paris en 1974. (Photo d'archives)
Photo : Getty Images / AFP
Après la chute de Mohammad Mossadegh, le roi renforce son pouvoir et lance ce qu’il appelle la révolution blanche, qui consiste en une série de réformes agraires, économiques et industrielles.
Les religieux s’opposent aux réformes prônées par le roi, notamment celles qui sont relatives à l’agriculture et au droit de vote des femmes. L’opposant le plus en vue du shah est l’ayatollah Khomeini. Ses prises de position lui valent une arrestation qui sera suivie d’immenses manifestations de ses partisans.
L’ayatollah Khomeini est relâché après quelques semaines, mais il sera de nouveau arrêté après s’être opposé avec virulence à un accord entre Washington et Téhéran qui dispense les Américains d’être jugés par la justice iranienne s’ils commettent un délit.
Cette prise de position coûtera à l’ayatollah Khomeini l’expulsion de son pays et le début d’un long exil qui commencera à Bursa, en Turquie, pour se poursuivre à Najaf, en Irak, avant qu'il passe quelques mois dans la région parisienne, en France.

L'ayatollah Khomeini prononce son premier discours à Téhéran après son retour d'exil. (Photo d'archives)
Photo : AP / FY
Durant son exil, l’ayatollah Khomeini deviendra le chef de file de l’opposition au shah Mohammad Reza Pahlavi, qui est accusé de mener une occidentalisation forcée du pays. Ses discours enregistrés sur des cassettes audio sont envoyés clandestinement chaque semaine en Iran. Ils sont dupliqués des milliers de fois et distribués dans tout le pays.
Désormais, la forte présence américaine en Iran est devenue une source de conflit entre les partisans du shah et les partisans de l’indépendance du pays, représentés par l’ayatollah Khomeini, les communistes et les nationalistes.
Le triomphe de la révolution islamique

À droite, la une du journal «Itilaat» qui annonce que le shah est parti. À gauche, la une du même journal qui annonce que l'ayatollah est revenu. (Photo d'archives)
Photo : Presse iranienne
L’année 1978 est marquée par une succession de révoltes, de grèves et de manifestations réprimées dans le sang par la Savak, la police politique du shah.
Quand la révolution atteint son paroxysme, le 16 janvier 1979, le shah Reza Pahlavi quitte le pays. Le 1er février 1979, l’ayatollah Khomeini revient, triomphant, au pays, après 15 ans d’exil. Avec la chute de la monarchie, les États-Unis perdent un allié de taille dans la région.
Le 31 mars, l’Iran devient la République islamique d’Iran, à l'issue d'un référendum.
Le pays vit alors dans une atmosphère révolutionnaire et un climat chaotique, où les différents courants politiques s’entrechoquent.
L’ambassade américaine occupée
Contre toute attente, le 4 novembre 1979, des étudiants révolutionnaires envahissent l’ambassade des États-Unis et prennent en otage 56 diplomates, agents et employés de l’ambassade. Les étudiants réclament aux États-Unis l’extradition du shah déchu en Iran, pour qu'il y soit jugé, et le rapatriement de l’argent qu’il a pris avec lui.
Les étudiants récupèrent des milliers de documents déchiquetés auparavant et les reconstituent grâce à l'aide de femmes tisserandes de tapis. Ces documents permettent entre autres de connaître les agents iraniens qui travaillaient avec la CIA. Certains avaient quitté le pays dans la foulée de la fuite du shah. Ceux qui sont restés ont été exécutés.

Des étudiants et militants occupent l'ambassade américaine à Téhéran en novembre 1979. Les otages américains y sont restés captifs pendant 444 jours. (Photo d'archives)
Photo : La Presse canadienne / Peter Bregg
L’occupation de l’ambassade américaine provoque une crise majeure entre les deux pays. Des négociations échouent entre les deux parties. Le président américain Jimmy Carter ordonne une opération secrète des forces spéciales pour libérer les otages.
L’opération Eagle Claw est un échec total. Des pannes d’appareils et des vents de sable mettront fin à cette opération, au cours de laquelle huit soldats américains trouveront la mort.
Au total, la crise durera 444 jours, au bout desquels les otages sont libérés après une médiation de l’Algérie.
Cet événement marquera la rupture entre les États-Unis et l’Iran, qui se poursuivra au cours des prochaines décennies.
L'ancienne ambassade est transformée en un lieu baptisé le Musée de l'espionnage. Durant la dernière attaque israélo-américaine, en mars, le bâtiment a été ciblé et endommagé, comme des dizaines de monuments historiques dans tout le pays, selon ce qu'a rapporté la presse iranienne.
La guerre imposée

Des colonnes de fumée s'élèvent de la ville iranienne d'Abadan après une attaque irakienne le 24 octobre 1980. (Photo d'archives)
Photo : Getty Images / AFP
Près de deux ans après la victoire de la révolution islamique, le président irakien Saddam Hussein lance une offensive contre son voisin iranien. Cette guerre meurtrière durera jusqu’en 1990.
Plusieurs articles de presse rapportent, au début de la guerre, que les Américains auraient poussé Saddam Hussein à attaquer l’Iran pour empêcher une expansion de la révolution islamique dans la région et, dans la foulée, pour punir l’Iran pour la crise des otages.
En 2013, des documents déclassifiés de la CIA montrent que les États-Unis ont fourni des informations sur les positions des troupes iraniennes et de leurs défenses aériennes à Saddam Hussein, qu’il a utilisées pour mener des attaques à l'arme chimique.

Le secrétaire américain à la Défense, Donald Rumsfeld, et le président irakien Saddam Hussein, à Bagdad, en 1983. (Photo d'archives)
Photo : Getty Images
Cette guerre imposée, selon la terminologie iranienne, a éloigné davantage la possibilité d'une réconciliation avec les États-Unis, qui ont participé indirectement à ce conflit qui a fait un million de morts iraniens.
L’interminable dossier nucléaire iranien
En 2015, les Américains (sous la présidence de Barack Obama) et les Iraniens (sous la présidence du réformateur Hassan Rohani) signent un accord sur le programme nucléaire iranien.
L’accord encadre strictement l’activité nucléaire iranienne. En contrepartie, les sanctions contre l’Iran sont levées progressivement.
Cet accord intervient après une vingtaine d’années de sanctions, de discussions, de tensions et d’opérations clandestines israéliennes contre l’Iran.
Cependant, l’accalmie dans les relations entre les deux pays ne durera finalement que trois ans.
Le 8 mai 2018, le président des États-Unis, Donald Trump, dénonce l’accord et réinstaure les sanctions contre l’Iran, prônant alors une politique de sanctions maximales pour faire plier la République islamique, en vain.

Photo d'archives montrant un homme retirant le drapeau iranien à la suite d'une réunion internationale sur le nucléaire iranien qui s'est tenue à Vienne en juillet 2015.
Photo : Reuters / Carlos Barria
M. Trump quittera la Maison-Blanche sans obtenir de résultats sur le dossier nucléaire. Les Iraniens continueront le programme en atteignant un enrichissement de l’uranium à 60 %.
Durant le mandat de Joe Biden (2021-2025), Washington et Téhéran entament un nouveau cycle de négociations sur le nucléaire, qui n’aboutira à aucun résultat.
Deux guerres israélo-américaines contre l’Iran
Avec le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, de nouvelles discussions commencent entre les deux parties. Après quelques séances jugées constructives, Donald Trump et Benyamin Nétanyahou lancent des bombardements massifs contre l’Iran en juin 2025, conduisant à l'élimination d’une partie des dirigeants militaires du pays.

Un immeuble à Téhéran démoli par un raid israélo-israélien. Sur les ruines, les photos des victimes sont exposées au milieu de fleurs.
Photo : Getty Images / AFP
Les bombardements visent également les installations nucléaires et militaires du pays à large échelle.
La guerre israélo-américaine durera 12 jours et se terminera par un cessez-le-feu.
À l’issue de cette guerre, Américains et Israéliens diront avoir mis fin au programme nucléaire iranien, qui a été oblitéré, déclarera Donald Trump.
Le 28 février 2026, alors que des discussions sont en cours, avec la médiation du Sultanat d’Oman, les États-Unis et Israël entament une seconde guerre contre la République islamique d'Iran, qui durera cinq semaines.
Dès le premier jour, le guide suprême de la Révolution islamique, l'ayatollah Ali Khamenei, est assassiné chez lui avec des membres de sa famille. Le même jour, plusieurs hauts gradés de l'armée et des Gardiens de la révolution islamique sont assassinés.
La deuxième guerre est suspendue le 8 avril pour deux semaines.
Des négociations d'une durée d’environ 21 heures entre la délégation américaine, menée par le vice-président J.D. Vance, et la délégation iranienne, dirigée par le président du Parlement, Mohamed Baqer Qalibaf, à Islamabad, au Pakistan, se soldent par un échec.
Le cessez-le-feu, resté en vigueur, n’empêchera pas une escalade dont l’épicentre est désormais le détroit d’Ormuz, voie de passage importante de marchandises et, surtout, de pétrole.


1 month ago
46

























English (US) ·
French (CA) ·
French (FR) ·