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Au FTA, chercher la relève autochtone du milieu culturel

4 hours ago 3

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Le programme Eka shakuelem accueille, pour une sixième année, un petit groupe d’Autochtones intéressés par les arts vivants, à l'occasion du Festival TransAmériques (FTA). Une occasion pour eux de s’imprégner de ce monde et de faire des rencontres pour, peut-être, tracer un début de carrière.

Au Quartier général du FTA, près de la Place des Arts de Montréal, un petit groupe de jeunes, accompagné de Charles Bender, s’apprête à participer à l’atelier baptisé Éveil du corps. Ces jeunes Autochtones sont inscrits au programme Eka shakuelem, porté par Charles Bender, codirecteur artistique de la compagnie de théâtre Menuentakuan.

L'ensemble de la cohorte se compose de six femmes et d’un homme, mais certains n'étaient pas présents à l'atelier lors du passage d'Espaces autochtones.

C’est un programme créé pour attraper les jeunes Autochtones de 16 à 30 ans lorsqu’ils commencent leur carrière et qu’ils se demandent s’ils sont à la bonne place, décrit celui qui se présente aussi comme l’idéateur d’Eka shakuelem.

Des gens dans une grande pièce.

Les jeunes ont participé à un atelier sur l'éveil du corps.

Photo : Autre banques d'images / Maryse Boyce

On accueille les gens qui aiment les arts vivants, mais qui ne se voient pas forcément devenir artistes. Ça leur permet de voir ce qui se passe en dehors de la scène, comme la production, la médiation culturelle... L’idée, c’est de rendre le milieu plus accessible et plus intéressant, précise M. Bender.

Pour le codirecteur artistique, il est important d’offrir cet accès presque privilégié au monde des arts aux Autochtones.

On veut les faire entrer dans ce monde, pour qu’ils obtiennent des postes clés, car leur vision des choses est différente. C’est une véritable plus-value pour le milieu culturel.

Deux jeunes femmes et d'autres personnes autour.

Maithé Boivin, à gauche, et Emma Rankin, à ses côtés, font toutes les deux partie de la cohorte 2026.

Photo : Autre banques d'images / Maryse Boyce

D’ailleurs, il explique que plusieurs jeunes qui ont participé au programme Eka shakuelem travaillent désormais dans le milieu de manière permanente ou plus ponctuelle. Une jeune participante de l’année dernière est revenue et s’occupe désormais de la logistique durant la semaine.

Maithé Boivin, une Wolastoqey de 24 ans qui réside à Québec, participe justement au programme, qui se tient jusqu’au 7 juin. J’adore les arts. Je fais de la danse, de la nage synchronisée, du perlage, un peu de théâtre… Je me suis dit que ça serait parfait pour moi, dit-elle.

Maithé Boivin.

Maithé Boivin a développé un intérêt pour les arts visuels.

Photo : Radio-Canada / Delphine Jung

Elle découvre un festival dynamique, qui est plus expérimental que ce à quoi elle s’attendait.

Emma Rankin, 19 ans, originaire de Pikogan, a quant à elle déjà un orteil dans le milieu du théâtre. Je suis comédienne et j’ai déjà participé à des projets de théâtre. Je voulais rencontrer des artistes et pouvoir échanger avec des gens du milieu qui sont ancrés dans la culture, raconte cette jeune Anishnabeg.

Le programme permet aux jeunes :

  • d’assister à des spectacles programmés à l'occasion du FTA;
  • de rencontrer des artistes d’ici et du monde entier;
  • de visiter des lieux culturels montréalais, comme les musées, les galeries d’art, les théâtres;
  • de participer à des ateliers et des conférences.

Daphné Cardinal, 29 ans, est, elle aussi, impliquée dans le monde du théâtre. Originaire de la communauté anishnabeg de Temiskaming, elle travaille comme directrice de tournée pour la compagnie autochtone Onishka.

Cela fait longtemps que je voulais aller au FTA; on a accès à sept représentations en huit jours! se réjouit-elle, indiquant avoir hâte d’assister à la pièce The Romeo. Il paraît que les costumes sont magnifiques, ajoute-t-elle.

Daphné Cardinal.

Daphné Cardinal a hâte de voir la pièce « The Romeo ».

Photo : Radio-Canada / Delphine Jung

C’est le trip d’une vie. Tu sors de ta zone de confort.

Le groupe est aussi en processus de création théâtrale tous les matins. On brasse des idées et on fait une sortie de labo à la fin du programme qui prend la forme d’une performance ou d’un brunch-discussion. Je leur laisse le choix, mais à date, les jeunes ont toujours choisi la performance, spécifie M. Bender.

Deux pièces autochtones

Deux pièces de théâtre ont été présentées au festival : BOLT, de Jeanette Kotowich, un spectacle de danse qui place l'interculturalité au cœur de sa démarche, et Remember that time we met in the future, de Lara Kramer, qui réunit quatre artistes autochtones guidés par les rêves et le retour vers leurs ancêtres. Cette dernière œuvre est encore présentée jusqu'au 9 juin, au Théâtre Rouge du Conservatoire.

Il ne ferme pas non plus la porte à des jeunes qui s’intéressent à la menuiserie ou à la comptabilité, puisque leurs compétences peuvent elles aussi apporter des choses, que ce soit en planification ou dans la réalisation de décors ou même de costumes.

Des gens dans une salle.

Le programme permet aux jeunes de découvrir les métiers liés à la culture.

Photo : Autre banques d'images / Maryse Boyce

Si les jeunes Autochtones participent à cette semaine, c’est parce que l’équipe crée un espace sécuritaire pour eux, croit Charles Bender.

Ils n’ont rien à débourser durant cette semaine et logent en résidence étudiante. Ces frais sont pris en charge par le festival lui-même et M. Bender se dit confiant que le projet puisse continuer en 2027.

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