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Après sa querelle avec le pape, Trump participe à un marathon de lecture de la Bible

2 months ago 58

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Le président américain, Donald Trump, et plusieurs républicains participent à une lecture marathon de la Bible qui a pour but d'amener les Américains à « retourner à la parole de Dieu ».

Intitulé America Reads the Bible (l'Amérique lit la Bible), l'événement, qui s'est amorcé dimanche, s'inscrit dans les activités entourant le 250e anniversaire de l'indépendance américaine.

Sur le site consacré à cette initiative, les organisateurs invoquent une célébration dont l'objectif est d'inviter les Américains de tous les horizons à retourner aux fondements spirituels qui ont façonné les États-Unis.

Pendant une semaine, des politiciens et des citoyens chrétiens se succèdent devant des caméras au Museum of the Bible, à Washington, et dans d’autres lieux pour lire à voix haute l'entièreté de la Bible, telle que reconnue par les protestants.

Le passage lu par Donald Trump sera diffusé mardi en soirée, entre 18 h et 19 h (HAE).

D'une durée de 2 minutes 30, la vidéo a été préenregistrée dans le bureau ovale, nouveau signe de rupture de son administration avec les principes de séparation de l’Église et de l’État.

Sa participation à l'événement survient quelques jours après les attaques qu'il a lancées contre le pape Léon XIV, qui prêche un message antiguerre.

Selon CNN, le président Trump a enregistré son segment au lendemain de sa publication très controversée d'une image générée avec l'intelligence artificielle qui le représentait comme le Christ, ceint de lumière et en train de guérir un malade. Les deux épisodes avaient suscité un tollé, même chez certains de ses partisans.

Une image générée par intelligence artificielle montre Donald Trump sous les traits d’une figure christique, une lumière divine émanant de ses mains, guérissant un malade alité avec un démon en arrière-plan.

Une publication sur le compte de Truth Social de Donald Trump montre une image générée par intelligence artificielle semblant le représenter sous les traits de Jésus.

Photo : Reuters / Truth Social / @realDonaldTrump

Le site de l'événement indique que plus de 500 lecteurs prennent part à cette activité religieuse. La liste inclut de nombreux politiciens républicains, qui liront des versets bibliques en personne ou par vidéo, comme le secrétaire d'État, Marco Rubio, son collègue à la Défense, Pete Hegseth, ainsi que le président de la Chambre des représentants, Mike Johson.

Le choix des orateurs s'appuie très largement sur les soutiens chrétiens de Donald Trump, dont les pasteurs Franklin Graham, Jack Graham et Paula White-Cain, qui dirige le Bureau de la foi de la Maison-Blanche créé par Donald Trump au début de son deuxième mandat.

Les chrétiens blancs, en particulier les évangéliques, ont joué un rôle crucial dans la réélection de Donald Trump.

Citée par l'agence Associated Press, Bunni Pounds, fondatrice de Christians Engaged, l'organisation à l'origine de l'initiative, dit avoir invité des démocrates, qui ont décliné l'invitation.

Christians Engaged dit avoir la mission de former les Américains à une vision biblique du monde et de les éveiller à leurs responsabilités de prier, de voter et de s’impliquer dans la vie civique.

Une relecture de la fondation du pays

Tiré du Deuxième livre des Chroniques, le passage confié au président américain (versets 11 à 22 du chapitre 7) appelle au repentir national dans l’Israël ancien, un message martelé depuis des décennies par ceux qui soutiennent que les États-Unis sont et doivent être une nation chrétienne.

Il est souvent cité lors de rassemblements chrétiens et d'événements politiques, comme cela a été le cas à la convention républicaine de 2024.

Il y est question du message livré par Dieu au roi Salomon après l’achèvement du Temple : Il lui promet de bénir le peuple s’il lui reste fidèle, mais avertit que l’abandon des commandements entraînera des conséquences graves, dont la perte de la protection divine et la ruine du royaume.

Depuis l’arrivée de Christophe Colomb dans le Nouveau Monde [...], la Bible est indissociablement liée à notre identité nationale et à notre mode de vie, affirme le président dans une déclaration sur l'initiative publiée sur le site web de la Maison-Blanche.

Ensemble, nous rendrons hommage aux Saintes Écritures, renouvellerons notre foi, inaugurerons un renouveau historique de la religion sur le sol américain et consacrerons de nouveau les États-Unis comme une seule nation sous Dieu.

Les critiques de l'initiative – et de façon plus large de la forte tonalité chrétienne entourant les célébrations du 250e anniversaire des États-Unis – dénoncent l'idée selon laquelle la fondation des États-Unis repose sur une vision chrétienne nationaliste. De nombreux historiens contestent également cette interprétation.

Le premier amendement de la Constitution garantit la liberté de religion, mais interdit au Congrès d'établir une religion d'État.

Le marathon de lecture de la Bible, qui se poursuivra jusqu'à samedi, précède de quelques semaines le Grand jubilé national de prière, de louange et de l’action de grâce faite à Dieu. Point d'orgue du projet L'Amérique prie annoncé l'an dernier par Donald Trump en lien avec les festivités du 250e, l'événement se déroulera le 17 mai sur le National Mall.

Une volonté croissante de mettre de l'avant le christianisme

Donald Trump et des hommes de son Cabinet, assis à une table, dans une attitude de prière.

Le secrétaire américain au Logement et au Développement urbain, Scott Turner, prononce une prière lors d’une réunion du Cabinet de Donald Trump à la Maison-Blanche, le 26 février 2025.

Photo : afp via getty images / JIM WATSON

L'administration Trump 2.0 multiplie les références religieuses et les gestes s'inscrivant dans une volonté d'affirmer la religion chrétienne dans la sphère publique.

On a par exemple vu l'un des secrétaires réciter une prière dès la première rencontre du Cabinet, en février 2025.

Marco Rubio, qui avait remercié Dieu lors de sa cérémonie d'assermentation, a en outre évoqué la foi chrétienne qui unissait la civilisation occidentale lors d'une allocution à la Conférence de Munich sur la sécurité, le mois dernier. Mais l'évocation de Dieu n'est pas exceptionnelle dans les communications publiques du chef de la diplomatie américaine.

La prière a toujours été la superpuissance de ce pays. La foi en Dieu est ce qui l’a rendu grand.

Particulièrement actif à ce chapitre, Pete Hegseth a pour sa part instauré des services religieux chrétiens au Pentagone en plus d'invoquer Dieu à plus d'une reprise en parlant de l'offensive militaire américaine en Iran.

Au cours d'un point de presse au Pentagone sur les opérations militaires, la semaine dernière, il a fait un aparté pour critiquer les journalistes, qu'il a comparés à un groupe d'érudits religieux critiquant Jésus dans les Évangiles.

Au cours d'une session de prière le même jour, il a dit vouloir citer la prière qu'avait récitée avant les opérations de secours le commandant américain de la mission de sauvetage des pilotes dont les avions ont été abattus en Iran au début du mois.

Si la fin s'apparentait à un vrai verset biblique, le passage qu'il a lu était plutôt inspiré d'une réplique du film Pulp Fiction de Quentin Tarantino, prononcée par un personnage qui est un tueur à gages.

Sa méprise a été largement ridiculisée sur les réseaux sociaux.

Dans un des épisodes de son plaidoyer antiguerre décrié par son compatriote qui est à la Maison-Blanche, le pape Léon XIV a déploré que le nom de Dieu soit entraîné dans des discours de mort.

Au cours de son périple en Afrique quelques jours plus tard, il a dénoncé ceux qui instrumentalisent la religion et le nom même de Dieu à des fins militaires, économiques et politiques, entraînant ce qui est sacré dans l’ombre et la souillure.

La semaine dernière, le vice-président américain, J.D. Vance, converti au catholicisme depuis quelques années, a déclaré que le pape devrait s'en tenir aux questions de moralité. Le pape devrait faire attention quand il parle de questions théologiques, a-t-il ajouté le lendemain.

Avec les informations de Associated Press

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