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Andy Burnham, un nouveau premier ministre britannique qui doit gérer de vieux problèmes

23 hours ago 6

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Andy Burnham deviendra premier ministre du Royaume-Uni lundi, avec le défi de revigorer le Parti travailliste au pouvoir, en difficulté dans les sondages.

Il y a à peine deux ans, Keir Starmer faisait son entrée au 10, Downing Street, l’emblématique édifice de brique, résidence officielle du premier ministre britannique. Le travailliste célébrait une victoire électorale importante de son parti, avec une majorité à Westminster que l'on n'avait pas vue depuis la fin des années 1990.

Lundi, Larry, le chat officiel de la résidence, aura un nouveau maître alors qu’Andy Burnham s’installera à Downing Street. Un changement de premier ministre… alors que le pays n’a pourtant pas tenu d’élections.

Comme d’autres avant lui, Keir Starmer a été victime de la grogne à l’intérieur de son propre caucus. Sa décision de nommer Peter Mandelson ambassadeur à Washington, alors que ce dernier avait entretenu des liens avec le criminel sexuel Jeffrey Epstein, a soulevé des questions sur son jugement. La défaite majeure du Parti travailliste aux élections régionales du mois de mai, alors que la formation a connu des reculs dans des châteaux forts historiques comme le Pays de Galles, a été la goutte de trop.

Keir Starmer et Larry le chat, devant le 10 Downing Street.

Keir Starmer et Larry le chat, devant le 10 Downing Street. (Photo d'archives)

Photo : Getty Images / AFP / JUSTIN TALLIS

Face à une impasse, Keir Starmer a annoncé sa démission en juin, et une majorité de députés travaillistes ont choisi l’ancien maire de Manchester, Andy Burnham, pour lui succéder.

Son profil avait de quoi séduire les élus de son parti. Surnommé le roi du Nord, celui qui a dirigé pendant près d’une décennie la grande ville du nord de l’Angleterre est largement plus populaire que Keir Starmer. Son prédécesseur, un avocat et procureur, avait la réputation d’être froid et distant. Burnham, lui, entretient l’image d’un politicien proche de ses électeurs.

Pour l’instant, les sondages lui sont favorables. Selon la firme Yougov, Andy Burnham obtient 25 % d’opinions favorables auprès du public, contre seulement 14 % dans le cas de Keir Starmer. Selon un rapport de juillet d’une autre firme, Ipsos, le Parti travailliste arriverait toujours en seconde place derrière le parti populiste d’extrême droite Reform UK en cas d’élections générales.

Cependant, près de deux fois plus d’électeurs jugent qu’Andy Burnham ferait un meilleur premier ministre que le chef du Reform, Nigel Farage.

D’ailleurs, lors de son élection comme député dans la circonscription anglaise de Makerfield, en juin, Andy Burnham l’a emporté avec près de 20 points d’avance sur le candidat du Reform UK.

Apprendre à naviguer dans un environnement compliqué

Néanmoins, ce nouveau visage à la tête du gouvernement devra faire face à des problèmes qui ont miné le mandat de son prédécesseur.

Andy Burnham, qui doit encore former son cabinet, entre en poste dans une période turbulente sur l’échelle mondiale. Keir Starmer avait été vertement critiqué par Donald Trump pour ne pas avoir initialement contribué à l’opération militaire contre l’Iran. Le nouveau premier ministre ne pourra pas ignorer la relation compliquée entre le Royaume-Uni et son allié américain alors que cette relation longtemps qualifiée de spéciale entre les deux pays est mise à l’épreuve.

En politique intérieure, Andy Burnham hérite d’une formation politique, en perte de vitesse au profit de certains de ses adversaires. Depuis des mois, le parti Reform UK de Nigel Farage est positionné avantageusement dans les sondages, avec un message très critique de l’immigration.

Des partisans d'Andy Burnham devant l'autobus de campagne de Reform UK.

Des partisans d'Andy Burnham devant l'autobus de campagne de Reform UK. (Photo d'archives)

Photo : Getty Images / Christopher Furlong

Keir Starmer a tenté d’adopter une ligne plus dure en matière de politique migratoire, notamment en durcissant les critères permettant l’asile et en prolongeant la période pour devenir résident permanent, sans incidence notable dans les intentions de vote. Ces mesures lui ont par ailleurs attiré les critiques de la frange plus progressiste du Parti travailliste.

De l’autre côté du spectre politique, le Parti vert a connu des gains lors des élections régionales de mai, notamment au profit du Parti travailliste, en tendant la main aux électeurs déçus du gouvernement.

Vendredi, dans un discours visant à mettre la table à son arrivée à Downing Street, Andy Burnham a promis une approche distinctive du Parti travailliste, promettant de ne pas être plus vert que les verts ou plus réformiste que le Reform.

Question de reconnecter le parti avec sa base historique, notamment dans le nord de l’Angleterre, le nouveau dirigeant souhaite aussi déplacer à Manchester une partie des activités du bureau de premier ministre, concentrées depuis des centaines d’années à Londres, cœur économique, politique et culturel du pays.

Andy Burnham célèbre sa victoire dans une élection partielle, le 19 juin 2026.

Andy Burnham a promis une approche « distinctive » de celle de Keir Starmer. (Photo d'archives)

Photo : Getty Images / Ryan Jenkinson

Andy Burnham devra aussi rapidement répondre aux attentes d’une population critique de l’état de ses services publics, notamment le système de santé public, qui a longtemps fait la fierté du Royaume-Uni. En 2024, selon la BBC, seuls 21 % des Britanniques en étaient satisfaits, alors que le taux d'approbation du NHS (National Health Service) était de 60 % avant la pandémie de COVID-19, en 2019.

Un peu plus de 10 ans après le vote du Brexit, Andy Burnham sera aussi appelé à composer avec un contexte économique complexe, tout en entretenant la relation entre le Royaume-Uni et l’Europe, avec laquelle Keir Starmer a entrepris un rapprochement ces dernières années.

Chose certaine, Andy Burnham arrive à la tête d’un pays aux prises avec de nombreux défis, où les électeurs semblent avoir une tolérance plus que limitée à l’endroit de leur classe dirigeante. Lundi, il deviendra le septième premier ministre à séjourner à Downing Street en un peu plus d’une décennie.

Un autre chef de gouvernement à franchir la fameuse porte noire sous le regard du chat Larry, qui, depuis 15 ans, a pour mission de s’assurer qu’aucune souris ne s’installe dans la résidence.

Le célèbre félin, qui atteindra l’âge vénérable de 20 ans l’an prochain, pourra-t-il profiter enfin d'un peu de stabilité? Il revient à Andy Burnham de satisfaire ses membres et les électeurs s’il veut rester à Downing Street au moins jusqu’aux prochaines élections générales, prévues en 2029.

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