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Accès des élèves à la culture : le Front commun pour les arts réclame des garanties

3 weeks ago 40

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Le Front commun pour les arts a dénoncé, lundi, la fusion, par le ministère québécois de l’Éducation, d’enveloppes budgétaires consacrées à la culture dans le réseau scolaire avec celles destinées au sport et aux activités sociales. Cette réforme menace, selon lui, l’accès des jeunes à la culture.

Le ministre de l’Éducation prévoit de regrouper 261 enveloppes budgétaires sous 37 catégories pour permettre ainsi aux écoles et aux centres scolaires de dépenser comme ils le souhaitent l'argent à l'intérieur de ces catégories.

L’objectif est de leur donner plus de flexibilité, car, présentement, les sommes non dépensées des enveloppes dites protégées ne peuvent pas servir à d’autres missions.

Les budgets protégés ne sont pas un luxe administratif

Toutefois, le Front commun pour les arts, qui regroupe 21 organisations, dont l’Union des artistes, le Conseil québécois du théâtre et la Société des musées du Québec, s’inquiète de voir l’argent servant à financer l’achat de livres et des sorties scolaires au théâtre ou au musée être utilisé à d’autres fins.

Dans un réseau déjà sous pression, les budgets protégés ne sont pas un luxe administratif. Ils répondent à un constat maintes fois documenté : sans balises claires et dédiées, le livre et les sorties scolaires deviennent la première variable d'ajustement dans un contexte de contraintes budgétaires, a écrit le Front commun pour les arts, dans un communiqué publié lundi.

Sous prétexte que pour la culture, on peut toujours faire avec les moyens du bord, on enlève aux enseignant.e.s d’arts et de français ce qui leur permettait d’accomplir leur tâche comme il se doit. Il s’agissait de leviers importants, nécessaires, a indiqué, dans le même communiqué, Josée Beaudoin, présidente de l’Association québécoise des professeur.e.s de français.

Rappelons que les ventes de livres aux collectivités ont déjà chuté de 7,9 % l’an dernier en raison des pressions budgétaires subies par les écoles.

Des conséquences variables, selon les écoles

En plus de la perspective de voir la culture québécoise être délaissée au profit du sport ou d’une activité sociale, comme une sortie dans les vergers pour cueillir des pommes, le Front commun pour les arts s’inquiète des inégalités à l’accès à la culture créées par ces arbitrages qui se feront au niveau local.

Je ne pense pas que la capacité de nos enfants à être en contact depuis le plus jeune âge avec la culture – que ce soit par des sorties scolaires au musée et au théâtre ou par des bibliothèques bien garnies – devrait relever d’un code postal, a souligné Julie-Anne Richard, directrice générale de l'association professionnelle de diffuseurs de spectacles RIDEAU et porte-parole pour le Front commun pour les arts, en entrevue, lundi, à ICI RDI.

Une femme sourit.

Julie-Anne Richard est à la tête de RIDEAU, qui représente des salles de spectacles pluridisciplinaires.

Photo : RIDEAU

En début d’année, le milieu culturel québécois était déjà monté au créneau pour défendre les sorties scolaires culturelles, craignant des coupes de 13 millions de dollars dans le programme La culture à l’école et des sorties scolaires en milieu culturel.

Finalement, ce financement a été maintenu dans le budget 2026-2027 déposé en mars par le ministre des Finances du Québec, Eric Girard.

Le milieu culturel en appelle à la ministre LeBel

Le Front commun pour les arts réclame donc à la ministre de l’Éducation Sonia LeBel​ de garantir que les sommes prévues pour la culture à l’école demeurent clairement identifiées, protégées et exclusivement consacrées aux activités culturelles.

Il demande également une reddition de comptes publique pour vérifier que les sommes annoncées pour l’acquisition de livres, l’organisation de sorties scolaires culturelles, et plus largement pour la culture à l’école, soient bien dépensées à cette fin ainsi qu’une gouvernance conjointe forte entre le ministère de l’Éducation et le ministère de la Culture et des Communications dans la gestion des enveloppes budgétaires relevant de la culture à l’école.

Une femme est devant un micro.

La ministre québécoise de l’Éducation Sonia LeBel.

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Dans un courriel adressé lundi à Radio-Canada, le cabinet de la ministre LeBel assure que la culture québécoise demeurera toujours un moteur privilégié pour favoriser la réussite éducative des élèves.

Il n’est aucunement question d’opposer les sommes consacrées à l’achat de livres, aux sorties culturelles ou encore aux activités sportives : les budgets sont maintenus et entièrement disponibles, a-t-il indiqué. Avec les règles budgétaires regroupées, le gouvernement choisit toutefois de faire confiance aux gens sur le terrain, qui connaissent les besoins de leurs élèves.

Le cabinet rappelle également que les écoles et les commissions scolaires auront toujours des objectifs à atteindre en matière de lecture. Les gestionnaires seront imputables des moyens qu’ils prendront pour les atteindre, ajoute-t-on.

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