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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayDans une lettre envoyée mardi au gouvernement de François Legault, 12 maires et 52 conseillers municipaux de la Mauricie « ferment la porte au projet de TES Canada », qui prévoit la construction de 133 éoliennes. Pendant ce temps, l'entreprise avoue qu'elle a « sous-estimé l'intensité » de l'opposition.
Dans la lettre consultée par Radio-Canada, les 64 élus affirment que la population ne veut pas du projet de TES Canada.
Les réunions publiques, les consultations, un sondage, des référendums et les dernières élections municipales en sont la preuve, selon ces élus. Plusieurs d’entre nous ont été élus avec un mandat explicite : mettre fin à ce projet, soutiennent les signataires.
Quatre référendums ont été menés dans les derniers mois et, chaque fois, l'opposition l'a emporté. Saint-Tite a voté contre à 68 %, Sainte-Thècle à 69 %, Saint-Luc-de-Vincennes à 85 % et Saint-Maurice à 91 %.
Mais TES Canada maintient le cap et le gouvernement Legault continue officiellement d'appuyer le projet.
Québec n'a pas encore signé le décret tant attendu par la compagnie pour commencer ses travaux. Une étude du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) doit encore se faire.
Continuer, malgré tout, c’est nier la démocratie municipale et traiter nos communautés comme de simples territoires d’implantation.
Nous refusons qu’un promoteur privé dicte l’avenir de nos municipalités contre l’avis de ceux qui y vivent, écrivent-ils.
Parmi les élus absents des signataires, il y a aussi la mairesse de Grandes-Piles (6 éoliennes) et préfète de la MRC de Mékinac, Caroline Clément. Mais ça ne veut pas dire qu'elle est favorable au projet.
Je n’ai jamais exprimé, ni soutenu, ni envisagé une position favorable à l’ajout d’éoliennes. Cette affirmation est fausse, ne reflète en rien ma pensée et je m’en dissocie totalement, avait réagi la mairesse.

Caroline Clément est mairesse de Grandes-Piles et préfète de la MRC de Mékinac. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Yoann Dénécé
Le projet de TES Canada suscite des inquiétudes chez des citoyens et agriculteurs qui craignent les impacts sur les paysages, l'eau souterraine, la valeur des propriétés ou encore leur qualité de vie.
Des éoliennes pour alimenter un gros projet industriel
TES Canada a un projet de production d’hydrogène vert d'une valeur de 4 milliards de dollars. Elle veut construire un électrolyseur à Shawinigan, alimenté par 150 mégawatts d'électricité du réseau d'Hydro-Québec et jusqu'à 1000 mégawatts d'autoproduction privée d'électricité.
Le projet comprend l'installation de 133 éoliennes et des panneaux solaires, principalement en milieu agricole. L'entreprise prévoit produire environ 70 000 tonnes d’hydrogène vert par année, dont la majeure partie est destinée au marché québécois pour décarboner les procédés industriels et le transport lourd.
TES Canada promet 447 millions de redevances sur 30 ans. Projet Mauricie doit aussi générer plusieurs milliers d’emplois directs et indirects pendant la construction.
L'entreprise dénonce « l'agressivité » des opposants
En réaction à cette lettre, TES Canada a émis une réaction par courriel où elle dit qu'elle « comprend la fatigue exprimée par plusieurs élus de la Mauricie qui vient avec l’intensité et l’agressivité d’un groupe d’opposants ».
La situation actuelle ne traduit donc pas une absence d’acceptabilité sociale, mais reflète qu’un groupe d’opposants réussi à faire taire les voix favorables ou ouvertes.
« Les élus municipaux ont la responsabilité de représenter l’ensemble de leur population, y compris ceux qui sont en faveur ou qui souhaitent mieux comprendre le projet avant de se positionner », écrit TES Canada.

Le président et chef de la direction de TES Canada, Éric Gauthier. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Yoann Dénécé
En entrevue avec Radio-Canada, lundi, avant de prendre connaissance de la lettre, Éric Gauthier, a reconnu qu'il était difficile, pour son entreprise, de faire face à « l'intensité » de ses détracteurs.
On fait le constat difficile qu'un petit groupe de gens, qui peut parler très fort, qui est très vocal, qui est très agressif, peut prendre énormément de place par rapport à la quantité de gens qu'ils sont, a-t-il affirmé.
C'est la plus grande difficulté de notre projet. Je vais être vraiment franc avec vous, on avait, j'avais, sous-estimé cet angle-là.
On savait qu'on allait faire face à des gens qui avaient des questions, à de l'opposition au projet, mais on avait sous-estimé l'intensité et l'agressivité [...] sur le terrain.
Éric Gauthier affirme que des partisans du projet craignent de prendre la parole devant des conseils municipaux pour dire qu'ils sont favorables. Les gens ont peur d'aller parler.
Le climat est tellement tendu, il a été tellement pollué par un groupe de militants, déplore M. Gauthier.
TES Canada affirme qu'elle a signé suffisamment d'entente avec des propriétaires terriens pour être capables de réaliser le projet, s'il est accepté par le gouvernement.

Le maire d'Hérouxville, Michel Tremblay, fait partie des signataires de la lettre.
Photo : Radio-Canada
TES Canada met en demeure Hérouxville
Le dossier vient de prendre une tournure judiciaire.
Radio-Canada a obtenu une mise en demeure envoyée par TES Canada à Hérouxville, le 4 mars dernier.
L'entreprise reproche à la municipalité d'avoir mal interprété un règlement afin de refuser le passage de lignes de transport d'électricité sur son territoire.
D'autres municipalités ont interprété autrement le même règlement.
C'est de l'intimidation, dit le maire d'Hérouxville, Michel Tremblay, en entrevue avec Radio-Canada. On a eu la mise en demeure vendredi passé et ils nous donnaient jusqu'à [mardi] pour qu'on change.
TES Canada mène en ce moment une tournée d'information dans les communautés concernées par son projet. Elle sera, mardi, à Grandes-Piles et, mercredi, à Saint-Séverin. Jeudi, TES Canada sera à Saint-Adelphe et, la semaine prochaine, à Saint-Luc-de-Vincennes et à Saint-Stanislas.


2 months ago
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